Parution: « La présence à distance, des lettres de l’Antiquité aux réseaux sociaux ». Pardon pour tout doublon
Bonjour à toutes et à tous,Je vous informe de la parution de « La présence à distance » chez Flammarion dans la collection « Le présent de l’histoire ». Ce vendredi 9 octobre à 11h30, j’en parlerai avec Antoine Lilti au château de Blois, aux Rendez-vous de l’histoire. Pour en savoir plus, voir sous la couverture. Merci
😷 Le COVID nous aurait brutalement mis à distance, et reconnectés technologiquement? C’est l’accélération d’une très vieille affaire: cela réclamait une archéologie de la présence téléphonique, télégraphique… et surtout épistolaire. Depuis Cicéron, la Chine antique, Babylone , je raconterai les efforts humains pour se tendre la main, faire entendre sa voix, transmettre son parfum, de très loin. Que faisons alors, que nous faisons peut-être encore ?
🤒 Nous racontons nos corps souffrants, malades, 💃contents
☁️ Nous disons nos paysages, le ciel au-dessus de nous, le temps et le heure qui restent différents, et l’on connait mieux les différences (et les distances) que jamais.
🐎 Nous rêvons de vitesse, d’instantanéité, depuis les postes impériales d’Auguste et de Cyrus le grand, et nous célébrons depuis le télégraphe la « mort de la distance », le « temps réel ». Nous y sommes enfin ? Pas tout à fait, et nous n’y serons jamais.🤗 Nous avons gagné en vitesse, perdu en sensorialité: la lettre c’était “la main” (comme on disait pour l’écriture), le toucher du papier, le parfum, un peu du corps de l’autre à distance.
🧚 Parfois nous avons rêvé de contact entre des âmes pures, désincarnés : les stoïques, les chrétiens, les romantiques, préparent le terrain aux cyberprophètes de la fin du 20e siècle, vous vous souvenez de John Perry Barlow?
🌐 Déjà, avec les lettres, nous étions en réseau, longtemps avant le mot, et les frontières étaient brouillées entre le dialogue et la dissémination, le privé et le public, partage mouvant.
👭 Les femmes, quand elles ont pu écrire, ont été beaucoup cantonnées à l’écriture épistolaire, cantonnement travesti en éloge sous la plume des hommes. Elle n’ont écrit des lettres massivement qu’à partir du XIXe, mais…🤑 On vend nos présences à chaque instant sans conscience, sans consentement… Le changement marchand est l’un des plus marquants de cette longue histoire.
Collégialement,Prof. Jérôme BourdonChercheur associé, CARISM, Université Paris Panthéon AssasSite: https://www.academia.edu

