Colloque « François Mitterrand, homme de lettres », BnF, 15-16 octobre 2026
COLLOQUE
François Mitterrand, homme de lettres
Date : jeudi 15 et vendredi 16 octobre 2026
Organisation : Institut François Mitterrand
Partenaires :
Bibliothèque nationale de France
Société française d’histoire politique
Archives nationales
Faculté des Lettres de Sorbonne Université
Lieu :
Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand
Quai François Mauriac
75013 Paris
Inscription gratuite obligatoire :
Présentation
François Mitterrand entretenait avec la littérature une relation particulière.
Avec les auteurs tout d’abord, et plus encore avec leur façon d’écrire, comme il le rappelle dans Mémoires à deux voix écrit avec Elie Wiesel : « Au collège, en seconde, un professeur me fit connaître la NRF… Grâce à lui, j’entrais dans un monde paradisiaque où le style était roi. » Relation qu’il entretint toute sa vie par ses lectures comme par ses rencontres, innombrables, y compris durant sa vie politique et dans l’exercice de sa fonction présidentielle.
Avec l’écriture ensuite, au regard du très grand nombre de livres, discours, correspondances qui rythmèrent sa vie et auxquels il accordait, tant du point de vue du respect scrupuleux de la langue que de la recherche exigeante du mot juste, une attention constante. Même s’il devait avouer ne pas avoir eu une vraie vocation d’écrivain faute d’avoir fait le choix d’y consacrer sa vie. « Être un grand écrivain ? Si j’avais eu une ambition, elle aurait été celle-là. Mais je me voyais dans la peau d’un tribun de la Convention : j’écrivais les discours à leur place » poursuit-il ; plus loin : « J’aimais la parole, le verbe, quel qu’en fut le mode d’expression »(1). Constat tenu par un homme au soir de sa vie ? La question mérite d’être posée, tant le propos contredit ce qu’il avait affirmé à Paris Match à son arrivée à l’Élysée – « Tenez compte pour mon portrait que je suis un écrivain avant d’être un homme politique »(2). Quelques années plus tard, le président reconnaissait que les contraintes de l’action restaient les plus fortes : « On ne peut écrire sans l’unité de l’esprit, que seule rend possible l’unité de temps… Il y a un temps pour l’action et un temps pour l’écriture. Il est néanmoins possible de les réunir dans des œuvres de circonstances : allocutions, notes adressées à ses collaborateurs, préfaces à des ouvrages »(3).
Ce goût affiché pour la littérature, dans un pays où l’écriture constitue « une modalité d’exercice du métier politique »(4) ne saurait étonner. La « littérarisation du pouvoir »(5) institutionnalisée au siècle de Louis XIV, a laissé une trace durable dans la vie politique française, érigeant jusqu’à nos jours la culture lettrée comme norme, et conférant à ses détenteurs une ressource politique précieuse. Le fondateur de la Ve République, en plaçant le président au cœur des institutions et en lui prêtant les traits d’un homme providentiel, en a accentué le trait, érigeant en norme le « présidentialisme lettré »(6). François Mitterrand, soucieux d’apparaître comme l’opposant par excellence du général de Gaulle, lui emboîta paradoxalement le pas, basculant en somme de l’écrivant – de livres politiques, exercice réservé à la profession – à l’écrivain. Dans une analyse incontournable pour qui s’intéresse à la question, François Hourmant a montré comment l’ancien président se forgea une image et une réputation d’écrivain à des fins de pouvoir, de la Nièvre à l’Élysée, jusqu’à « la tentation de l’immortalité »(7).
Mais si Mitterrand sut comme peu d’hommes politiques instrumentaliser son goût pour la littérature à des fins politiques, il n’en cultiva pas moins une passion pour les écrivains, la lecture et l’écriture. C’est cette sensibilité littéraire de l’homme politique que nous proposons d’interroger, à travers une approche pluridisciplinaire. Des sources qui ont fait l’objet de publication récentes(8), ou qui ont été déposées en archives(9), permettent en effet d’examiner à nouveau frais et d’approfondir la réflexion, en veillant à ne pas se limiter à la période élyséenne de sa trajectoire politique et biographique(10), ou à la seule décennie d’Épinay, si riche en publication de livres et si incontournable dans la quête du pouvoir élyséen fût-elle. Loin de s’en tenir à l’écriture, il convient de saisir l’homme de lettres dans toutes ses dimensions – des pratiques de lecture à la présence d’écrivains dans son entourage et à la publicité qu’il en fait. Si la démarche est d’abord biographique, elle ne saurait isoler François Mitterrand de ses contemporains ou de ses prédécesseurs, français ou étrangers. Plus profondément, ce détour par la littérature est l’occasion d’enrichir la réflexion sur le métier politique, que ce soit sur la place de l’intime en politique, les émotions, les sensibilités et, plus encore, le rapport au temps.
(1) François Mitterrand, Elie Wiesel, Mémoire à deux voix, Paris, Odile Jacob, 1995, p. 162-163.
(2) Paris Match, 3 juillet 1981.
(3) François Mitterrand, Elie Wiesel, op. cit.
(4) Christian Le Bart, « L’écriture comme modalité d’exercice du métier politique », Revue française de Science politique,1998/1, vol. 48.
(5) Christian Jouhaud, Les pouvoirs de la littérature. Histoire d’un paradoxe, Paris, Gallimard, 2000.
(6) Christian Le Bart, La politique en librairie. Les stratégies de publication des professionnels de la politique, Paris, Armand Colin, 2012.
(7) François Hourmant, Le pouvoir et la plume. Portrait d’un président en écrivain, Paris, PUF, 2010.
(8) François Mitterrand, Lettres à Anne, 1962-1995, Paris, Gallimard, 2016, et François Mitterrand, Journal pour Anne, Paris, Gallimard, 2016.
(9) Notamment : le fonds Anne Pingeot à la BnF, les archives Mitterrand à l’Institut François Mitterrand.
(10) Serge Berstein et alii, François Mitterrand : les années du changement, 1981-1984, Paris, Perrin, 2001.
Comité scientifique
Judith Bonnin, Frédéric Bozo, Noëlline Castagnez, Alexandre Gefen, Pascale Goetschel, François Hourmant, Jean-Marc Hovasse, Bernard Lachaise, Nicolas Leron, Michel Murat, Jean Musitelli, Anne-Laure Ollivier, Sébastien Repaire
Programme
1re journée – 15 octobre 2026
9h00 Accueil du public
9h15 Mots d’accueil · Gilles Pécout, Président de la Bibliothèque nationale de France, Professeur des universités à l'École normale supérieure, et Jean Glavany, Ancien ministre, Président de l’Institut François Mitterrand
9h30 Introduction au colloque · Anne-Laure Ollivier, Professeure d’histoire en classes préparatoires et Chercheuse associée au laboratoire POLEN (Université d’Orléans), et Sébastien Repaire, Agrégé et docteur en histoire contemporaine, Directeur scientifique de l’Institut François Mitterrand
10h00 Lectures et contacts avec la littérature
Présidence : Florence Naugrette, Professeure de littérature française à Sorbonne Université
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Pascale Goetschel, Professeure d’histoire contemporaine à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne · Les bibliothèques de François Mitterrand. Quels ouvrages, quelles bibliothèques au Centre culturel Jean Jaurès de Nevers ?
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Samantha Caretti, Professeure agrégée (Académie de Versailles) et docteure en littérature (Université de Caen-Normandie, LASLAR) · François Mitterrand, au miroir de Chateaubriand
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Jean-Marc Hovasse, Professeur de littérature française à Sorbonne Université (CELLF) · François Mitterrand et Lamartine « dans l'histoire, dans la littérature et dans la poésie »
Questions et discussion
11h15-11h30 Pause
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François-Jean Authier, Professeur agrégé de lettres modernes en classes préparatoires · François Mitterrand et les droites littéraires : signes et connivences esthétiques
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Gilles Pécout, Président de la Bibliothèque nationale de France, Professeur des universités à l'École normale supérieure · François Mitterrand et les écrivains italiens
Questions et discussion
12h30-14h00 Pause déjeuner – Déjeuner libre pour le public
14h00 La littérature comme ressource politique
Présidence : Christian Amalvi, Professeur émérite d'histoire contemporaine à l'Université Paul Valéry – Montpellier 3
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Victor Laby, Doctorant en histoire à l’EHESS et rédacteur en chef de la revue Commune · Une longue fréquentation. Mitterrand et Duras, de la Résistance au tombeau
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Elara Bertho, Chargée de recherches au CNRS (Centre de recherches sur les arts et le langage) · Mitterrand et Senghor : dialogues sur la littérature et le socialisme
Questions et discussion
15h00-15h15 Pause
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Pierre-Emmanuel Guigo, Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Paris Est Créteil · La communication de François Mitterrand dans les émissions littéraires
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François Hourmant, Professeur de science politique à l’Université d’Angers · En lisant, en écrivant. Iconographie mitterrandienne et littérarité présidentielle
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Bernard Lachaise, Professeur honoraire d’histoire contemporaine à l’Université Bordeaux Montaigne · Les conseillers culturels, François Mitterrand et la littérature au temps de la présidence
16h30 Table ronde « Grands témoins »
Modération : Jean Glavany, ancien ministre, Président de l’Institut François Mitterrand
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Laure Adler, journaliste, essayiste et ancienne directrice de France Culture
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Bernard Latarjet, ancien administrateur culturel
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Pierre Morel, ambassadeur honoraire
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Benoît Yvert, historien et éditeur
17h30-18h30 Pause
18h30
Lecture de textes de François Mitterrand par Christian Gonon, sociétaire de la Comédie Française
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Grand Entretien avec Jean-Marie Rouart, de l’Académie française
20h00 Cocktail dînatoire
2e journée – 16 octobre 2026
9h00 Accueil du public
9h15 L’écrivain
Présidence : Noëlline Castagnez, Professeure d'histoire contemporaine à l'Université d'Orléans
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Olivier Barbarant, Inspecteur général de l'Éducation nationale · Le style de François Mitterrand
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Michel Murat, Professeur émérite de littérature française à Sorbonne Université · François Mitterrand, écrivain de combat
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Charlotte Simonin, Professeure agrégée de lettres en classes préparatoires au Lycée Poincaré à Nancy et docteure en littérature française · D’Ovide à Laclos, les Lettres à Anne et la tradition rhétorique épistolaire
Questions et discussion
10h30-10h45 Pause
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Florence Naugrette, Professeure de littérature française à Sorbonne Université, et Jean Maurice, Professeur honoraire de littérature française à l’Université de Rouen · La géographie comme écriture de soi dans les Lettres à Anne et le Journal pour Anne
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Judith Bonnin, Maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université Bordeaux Montaigne, Serge Linkès, Maître de conférences HDR en langue et littérature françaises à La Rochelle Université et membre du laboratoire ITEM (CNRS/ENS) et Aurèle Crasson, Ingénieure de recherche en littérature française et directrice adjointe du laboratoire ITEM (CNRS/ENS) · L’écrivain empêché. Autour du manuscrit du 2 décembre 1851
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Rémi Lefebvre, Professeur de science politique à l’Université de Lille · François Mitterrand, personnage de fiction
Questions et discussion
12h15 Grand entretien avec Erik Orsenna, de l’Académie française
13h00 Fin du colloque

