Séminaire Actualité de l’histoire religieuse Méthodes et terrains – Animation : Guillaume Cuchet (Univ. Paris 1 – CH19/IUF) et Caroline Muller (Univ. Rennes 2 – Tempora/IUF)

SéMINAIRE ACTUALITé DE L’HISTOIRE RELIGIEUSE MéTHODES ET TERRAINS   Animation : Guillaume Cuchet (Univ. Paris 1 – CH19/IUF) et Caroline Muller (Univ. Rennes 2 – Tempora/IUF)   PRéSENTATION L’histoire religieuse a connu un essor considérable en France à partir des années 1960, portée par les travaux fondateurs de Gabriel Le Bras et l’action de figures importantes comme René Rémond, Jean Delumeau, Alphonse Dupront, Jean-Marie Mayeur, Émile Poulat, Michel de Certeau, etc. Elle s’est illustrée notamment par la publication de toute une série de monographies diocésaines qui ont donné naissance à une « école française » d’histoire religieuse, nourrie de sociologie et internationalement reconnue, dont l’apogée se situe dans les années 1970-1980. Depuis, quelque chose semble s’être déplacé. D’aucuns s’interrogent même sur la possibilité de faire de l’histoire religieuse dans une société sortie de la religion. Non que l’objet religieux ait disparu ; il s’est plutôt diffusé, presque dilué, dans des chantiers qui ne se présentent plus comme tels : l’histoire des femmes et du genre, l’histoire sociale de la famille, l’histoire matérielle, l’histoire globale, etc. Le catholicisme, en particulier, y devient un terrain parmi d’autres, parfois une simple source, rarement le centre de l’enquête. Ce déplacement n’est pas seulement intellectuel : il touche aussi à ce que chacun apporte avec soi en abordant ces archives. Si bien des chercheurs et chercheuses des premières générations de l’histoire religieuse avaient hérité d’une culture catholique, cette familiarité n’est plus si claire aujourd’hui. Ce séminaire entend ainsi offrir un espace de discussion et de lecture collective aux étudiant(e)s, doctorant(e)s et collègues dont les travaux croisent, de près ou de loin, des questions ou des archives religieuses, qu’ils et elles se situent ou non dans le champ des études religieuses. Il s’agit d’offrir des repères bibliographiques et méthodologiques à celles et ceux qui abordent des sources catholiques sans nécessairement avoir été formés à leur lecture, dans un contexte où les thèses mobilisant ces terrains ne sont plus toujours accompagnées par des spécialistes du domaine. Le séminaire propose ainsi de retraverser l’historiographie et les grandes enquêtes des premières décennies de l’histoire et de la sociologie religieuses – leurs sources, leurs méthodes, leurs présupposés – en les faisant dialoguer avec les terrains et les questionnements contemporains. Cette relecture permettra de mesurer ce que les approches actuelles (genre, histoire sociale, histoire matérielle, histoire globale) doivent à cet héritage, ce qu’elles en renouvellent, et ce que des sources relativement oubliées (comme les registres paroissiaux) ou nouvellement ouvertes ont à offrir lorsqu’on les interroge avec des grilles de lecture renouvelées : en somme, apprendre à voir et à prendre en compte la religion quand on la rencontre, mais aussi, le cas échéant, à « déchristianiser les questionnaires », comme disent les médiévistes, à bon escient et en connaissance de cause. Le séminaire fait le pari que cette diffraction du religieux dans l’histoire contemporaine est moins une dilution qu’une chance : celle de renouveler les questions et de nourrir de nouvelles enquêtes.
  PROGRAMME 2026 – 2027   21/01 : Séance 1. Actualité de l’histoire religieuse. Aux origines d’un séminaire de recherche Lecture : Carol Harrison, « Historiographie anglophone : faire de l’histoire religieuse dans une société enracinée dans la religion », /Revue d’histoire du XIXe siècle/, n°69, 2024/2, p.123-140.   25/02 : Séance 2. Choisir une échelle d’observation. Un retour sur les « monographies diocésaines » (années 1960 à 1980). Invité : François Ploux (Univ. Bretagne Sud/Temos) Lecture : Christiane Marcilhacy, « Introduction », /Le diocèse d’Orléans sous l’épiscopat de Mgr Dupanloup 1849-1878/ /: sociologie religieuse et mentalités collectives/, Paris, Plon, 1962, pp. 1-23.   25/03 : Séance 3. Des femmes au genre, intégrer un outil d’analyse. Autour des travaux de Claude Langlois. Invitée : Anne Jusseaume (Univ. D’Artois, Crehs/IUF) Lecture : Claude Langlois, « “Toujours plus pratiquantes”. La permanence du dimorphisme sexuel dans le catholicisme français contemporain », /Clio/, 2, 2005.   29/04 : Séance 4. L’invention de la sociologie religieuse. Que reste-t-il de Gabriel Le Bras ? Invité : Vincent Gourdon (CNRS/Centre Roland Mousnier) Lecture : Gabriel Le Bras, « Pour un examen détaillé et pour une explication historique de l’état du catholicisme dans les diverses régions de la France », /Revue d’histoire de l’Église de France/, t.17, n°77, 1931, p.425-449.   3/06 : Séance 5. Peut-on faire de l’histoire du long XIXe sans intégrer le fait religieux ? À propos d’Alain Corbin, historien du catholicisme. Invité : Philippe Boutry (Univ. Paris 1, Centre d’histoire du XIXe siècle). Lecture : Michel Lagrée, compte rendu des /Cloches de la terre/ dans /Revue d’histoire de l’Église de France/, n°207, 1995, p. 486-487.   INFORMATIONS PRATIQUES   Le séminaire a lieu cinq séances dans l’année, le jeudi de 16 h 30 à 19 h en salle Jean-Baptiste Duroselle, Centre Sorbonne (attention : pour les extérieurs, une inscription préalable est nécessaire) Contacts : Guillaume.Cuchet@univ-paris1.fr ou caroline.muller@univ-rennes2.fr [1] Sophie Lhermitte-Blondy Responsable de laboratoire Responsable administrative (UR 3550 – CRH) CRH : Centre de recherche d’histoire du XIXème siècle (UR 3550)
Téléphone: +33 1 89 68 69 03 Sorbonne |  17 RUE DE LA SORBONNE – 75005 PARIS – FRANCE Esc. C – 3e – G 014
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