AAC-Penser, former et enseigner l’international (fin XIXe s.-XXIe s.), GENÈVE, MAI 2027

*Appel à contributions *
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*Penser, formeret enseigner l’international (fin XIX^e s.-XXI^e s.). *
*Une approche intellectuelle, institutionnelle et pratique *
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*Colloque international ***
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*organisé dans le cadre du centenaire de l’**Institut de hautes études internationales et du développement**à Genève /**/Geneva Graduate Institute/***
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*Genève, 27-29 mai 2027*
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*Date-butoir d’envoi des propositions : 1^er décembre 2026*
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La fin de la Première Guerre mondiale marque l’institutionnalisation d’une nouvelle discipline, les Relations internationales,née d’échanges intellectuels transatlantiques, au croisement de l’histoire diplomatique, du droit des gens, des études stratégiques, et de l’économie politique. Au même moment, l’histoire diplomatique du XIX^e siècle entame sa mue à l’initiative d’une nouvelle génération d’historiens et historiennes qui imposent une approche multifactorielle, et non plus étroitement politique. Si la première assume son identité d’outil d’aide à la décision (/policy-oriented/), la seconde, bien que régie par les règles de l’école méthodique, n’échappe pas au débat politique et juridique sur les responsabilités du déclenchement de la guerre.
La genèse et les transformations de ces deux disciplines académiques ont fait l’objet d’un intérêt renouvelé depuis le début du XXI^e siècle, dans le sillage du nouvel essor de l’histoire internationale et de l’histoire des idées, ainsi que des regards post-coloniaux et post-guerre froide.[1]
En revanche, l’attention portée spécifiquement à l’enseignement des Relations internationales, aux textes théoriques qui le sous-tendent et à la part croissante que cette discipline a prise dans la formation des chercheurs et chercheuses, mais aussi des experts et expertes et des diplomates et, plus généralement, des praticiens des relations internationales, est restée plus limitée.[2] C’est précisément à cette histoire de la formation aux Relations internationales, à son cadre institutionnel, à ses concepteurs et à ses maîtres d’œuvre, ainsi qu’à ses pratiques pédagogiques concrètes, que ce colloque international entend se consacrer. Notre postulat est le suivant :au fur et à mesure des reconfigurations de la scène internationale, de l’apparition de nouveaux acteurs étatiques, intergouvernementaux et non-gouvernementaux, et de l’élargissement des questions débattues, la pratique des relations internationales s’affine et la question de son enseignement doit, elle aussi, être constamment repensée. Cela vaut tout particulièrement pour la formation des experts issus de la sphère privée comme des fonctionnaires et des diplomates appelés à évoluer dans un monde de plus en plus transnational.
Dans ce contexte, un certain nombre de domaines demeurent encore insuffisamment explorés : les cadres théoriques et méthodologiques propres à l’enseignement des Relations internationales ; les textes, qui se sont imposés comme des références fondamentales ; l’émergence de grandes figures d’enseignants et enseignantes ou de praticiens et praticiennes ; la transmission d’une certaine vision du monde et de sa gouvernance – par le droit ou par la puissance – , à un moment donné et dans un contexte institutionnel précis. En tenant compte des travaux très riches qui existent dans le domaine des relations internationales, le colloque entend donc explorer la formation des étudiants, des publics et des enseignants des Relations internationales ainsi que l’évolution de l’enseignement et des priorités de la discipline. Un effort particulier sera fait pour intégrer les écrits et pratiques mis en œuvre depuis les années 1960 dans les États asiatiques et africains.
Inscrit dans le cadre du centenaire de l’IHEID, Institut des hautes études internationales et du développement de Genève (/Geneva Graduate Institute/), qui fut l’une des premières institutions à avoir assumé cette mission d’enseignement des Relations internationales à partir de 1927[3] , ce colloque donne l’occasion de revenir sur la manière dont cette institution – parmi d’autres – a participé à la formation de générations d’internationalistes appelés à exercer comme chercheurs, experts, diplomates ou fonctionnaires internationaux depuis les années 1920.
*Axes thématiques.*
Nous accueillerons très volontiers des contributions portant sur :
*1.*Les *individus* qui ont pensé et enseigné les Relations internationales à l’échelle mondiale : théoriciens et théoriciennes, enseignants et enseignantes, praticiens et praticiennes. Une attention particulière sera accordée aux figures méconnues – on peut penser au diplomatePaul S. Reinsch, aux universitaires Parker Moon ou Frederick L. Schuman parmi de nombreux autres –, aux figures féminines, et aux figures non-occidentales, en particulier depuis les années 1960. Les propositions remontant à la seconde partie du XIX^e siècle dans une perspective génétique seront étudiées avec intérêt. Itinéraires individuels et portraits de groupe seront accueillis dans la mesure où l’on s’attachera à questionner les dialogues établis, les échanges d’idées et de pratiques.
*2.*Les *institutions et programmes* qui ont joué un rôle structurant dans l’enseignement des relations internationales et de la diplomatie depuis les années 1920. Aux côtés de l’IHEID, d’autres institutions seront potentiellement mises en lumière comme le /Georgetown School of Foreign Service/ (1919), l’Institut des hautes études internationales (Paris, 1921), le /Foreign Service Institute/ (1924), l’Académie diplomatique de Vienne, /Diplomatische Akademie Wien/ (1964) l’UNITAR,/United Nations Institute for Training and Research/(Genève, 1965), ou l’Institut des relations internationales du Cameroun (1971, Yaoundé). Les propositions tiendront compte des moments-clefs de rupture géopolitique (guerres, décolonisation, prise de conscience de l’anthropocène) et de leurs conséquences sur la recherche et l’enseignement.
*3.*Les *ouvrages (textes de référence ou manuels pratiques)* qui ont marqué l’enseignement des relations internationales et/ou de la diplomatie. Les propositions s’intéresseront à leur genèse, à leur inscription (ou pas) dans une politique éditoriale, à leurs traductions, à leur diffusion géographique et au moment de leur disparition dans les ouvrages conseillés à la préparation des concours.
*4.*Les *pratiques d’enseignement.* Les interventions proposées porteront, idéalement, sur des interrogations touchant à la place des modèles et des récits mobilisés, au choix de la perspective adoptée, aux objectifs « pédagogiques » visés, à la place des idées normatives, à l’intervention de praticiens, aux travaux pratiques, aux simulations de négociation, aux jeux de rôle etc. Là aussi, il conviendra de tenir compte des moments clés de rupture.
*5.*Les *évolutions méthodologiques*. Les propositions réfléchiront à la division du travail scientifique et disciplinaire ; aux besoins et difficultés du transdisciplinaire. Dans ce contexte, la place et les usages de l’histoire, son effacement relatif et son retour ponctuel, seront interrogés de manière plus spécifique.
Les contributions peuvent couvrir une période allant du XIX^e siècle à nos jours, dans une perspective large, mondiale si possible, attentive aux circulations et aux comparaisons entre différents espaces géographiques et institutionnels. Le colloque se veut également ouvert à une approche interdisciplinaire, reflétant les ancrages multiples (histoire, droit[4] , science politique, philosophie, économie) dans lesquels l’enseignement des Relations internationales a pris racine et évolué. Les approches d’histoire intellectuelle, d’histoire conceptuelle et d’histoire des idées seront particulièrement appréciées.
*Modalités de soumission des propositions de communication :*
Les propositions de communication doivent être *envoyées avant le 1er décembre 2026 à : enseignerlinternational@gmail.com*
Elles devront inclure :
1. Un *titre* de communication.
2. Un *résumé* de 400 à 500 mots (en français ou en anglais) présentant la problématique, les
sources mobilisées et la méthodologie.
3. Une courte *notice bio-bibliographique* (affiliation institutionnelle, fonction, et publications
principales).
Les papiers devront être livrés une semaine avant le colloque.
Les articles définitifs donneront lieu à une publication dans la revue /Relations internationales /en fonction de l’appréciation du comité de rédaction. Ils devront être *soumis le 30 juin 2027*, ne devront pas excéder 40 000 signes (espace et notes comprises). La charte éditoriale de la revue est disponible sur le site des PUF.
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La prise en charge financière du voyage et de l’hébergement à Genève sera à la charge des participants. Un soutien financier pourra éventuellement être offert à certaines chercheuses / certains chercheurs en début de carrière.Les demandes de soutien financier doivent être soumises le plus tôt possible, *au plus tard le 1er décembre.*
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[1] Laurence Badel, /Écrire l’histoire des relations internationales. Genèses, concepts, perspectives. XVIIIe-XXIe siècle/, Armand Colin, 2024 ; Robert Frank et al., /Pour l’histoire des relations internationales/, Paris, PUF 2012; Akira Iriye et Petra Goedde (eds.), /International History. //À Cultural Approach/, Bloomsbury Academic, 2022 ; Grégoire Mallard et Jean Terrier, « Decolonising Durkheimian Conceptions of the International: Colonialism and Internationalism in the Durkheimian School during and after the Colonial Era » /Durkheimian Studies / Études Durkheimiennes/, 2021, 25, p. 3-30 ; Patricia Owens and Katharina Rietzler (eds.),/Women’s International Thought: A New History/, Cambridge: Cambridge University Press, 2021; Alexander E. Davis /et al./, /The Imperial Discipline: Race and the Founding of International Relations/, Londres, Pluto Press, 2020 ; Amitav Acharya et Barry Buzan, /The Making of Global International Relations: Origins and Evolution of IR at its Centenary/, Cambridge, Cambridge University Press, 2019 ; Brian C. Schmidt and Nicolas Guilhot (eds.), /Historiographical Investigations in International Relations/, London: Palgrave Macmillan, 2019; Karen Garner, /Women and Gender in International History/, Londres, Bloomsbury Academic, 2018 ; Barbara Haider-Wilson /et al./, /Internationale Geschichte in Theorie und Praxis/International History in Theory and Practice. Traditions and Perspectives/, Vienne, VÖAW, 2017 ; Robert Vitalis, /White World Order, Black Power Politics: The Birth of American International Relations/, Ithaca, NY: Cornell University Press, 2015; Edmundo Aníbal Heredia, /Relaciones internacionales latinoamericanas: historiografía y teoría/s, Córdoba, Junta Provincial de Historia de Córdoba, 2009 ; Patrick Finney, (eds.),/Palgrave Advances in International History/, Houndmills, Basingstoke, Hampshire ; New York, Palgrave Macmillan, 2005, David Long and Brian Schmidt (eds.), /Imperialism and Internationalism in the Discipline of International Relations/, Albany, NY: State University of New York Press, 2005; Eckart Conze /et al. /(Hg.), /Geschichte der internationalen Beziehungen. //Erneuerung und Erweiterung einer historischen Disziplin/, Cologne, Böhlau, 2004; Christine Sylvester, /Feminist International Relations: An Unfinished Journey/, Cambridge University Press, 2002; Wilfried Loth et Jürgen Osterhammel (Hg.), /Internationale Geschichte: Themen-Ergebnisse-Aussichten/, Munich, R. Oldenbourg Verlag, 2000; Jost Dülffer et Wilfried Loth (Hg.), /Dimensionen internationaler Geschichte/, Munich, Oldenbourg Verlag, 2012.
[2] Laurence Badel (dir.), /Histoire et relations internationales. //Pierre Renouvin, Jean-Baptiste Duroselle et la naissance d’une discipline universitaire/,**Paris, Éditions de la Sorbonne, 2020 ; Jan Stöckmann, /The Architects of International Relations: Building a Discipline, Designing the World, 1914-1940/, Cambridge, Cambridge University Press, 2022 ;« The Emergence of a ‘Science of the International’ in Interwar Europe: Its Origin, Development and Legacy for Contemporary Social Science », Conference held at the Graduate Institute, Global Governance Center, Novembre 2019, Geneva.
[3] Charlotte Roy, /Diplomatie universitaire et Genève internationale durant la guerre froide. L’Institut universitaire de hautes études internationales sous la direction de Jacques Freymond (1955-1978),/ Lausanne, Éditions Alphil, 2026.
[4] Voir, par exemple, Luigi Nuzzo et Miloš Vec (eds.), /Constructing International Law : The Birth of A Discipline/, Frankfurt, Klostermann, 2012.