Annonce journée d’étude
Vendredi 4 septembre 2026, 10H30-17H Salle Marc Bloch, MSH, 14 avenue Berthelot, 69363 LYON 07.
Lilian Mathieu (CMW, CNRS-ENS de Lyon), Vincent Porhel (INSPE, Lyon 1, LARHRA) & Michelle Zancarini-Fournel (Lyon 1, LARHRA)
Cycle de journées d’étude : Quelle interdisciplinarité ? Unité, diversité, cumulativité des sciences sociales
Les sciences sociales restent institutionnellement différenciées en facultés, cursus de formation, concours, sections du CNU ou du CNRS ou encore revues, traditions ou auteurs de référence. Pour arbitraires que soient souvent ces divisions, elles n’en exercent pas moins des effets sur la manière dont la connaissance du monde social est produite. Les tropismes disciplinaires restent puissants, qui peuvent conduire certain.e.s à exclure de leurs bibliographies les travaux venant d’autres champs du savoir que le leur, ou à faire un usage avant tout « identitaire » de références posées comme incontournables, contredisant ainsi les prétentions à l’ouverture pourtant affichées. Les dynamiques internes à chaque discipline, et notamment les rythmes différenciés d’intégration de certaines innovations méthodologiques ou théoriques, parfois liés à des degrés variables d’intégration aux débats internationaux, contribuent également à les rendre inégalement ouvertes à « ce qui se fait » dans les champs de savoir pourtant voisins. Les « effets de mode » intellectuelle ou éditoriale (anniversaires !) ne sont pas en reste, qui conduisent certains objets à des appropriations successives par différentes disciplines — ainsi de Mai-Juin 68 successivement ou concurremment abordé par la sociologie du travail, l’histoire du temps présent et la science politique — sans toujours contribuer à une véritable cumulativité des connaissances. Débouchant de ces constats, la question que nous souhaiterions affronter dans ce cycle de réflexion pourrait s’exprimer comme suit : que reste-t-il de nos attachements[1] disciplinaires, et comment affectent-ils les connaissances que nous produisons, lorsque nous nous engageons dans un travail de recherche fondé sur la conviction d’une unité des sciences sociales ? De ce questionnement découle une démarche, basée sur une confrontation de leurs méthodes, approches théoriques et résultats par des chercheurs et chercheuses ayant abordé un même objet ou une même question à partir d’ancrages disciplinaires différents, afin de mesurer combien et comment ceux-ci imprègnent la production de connaissances Entre histoire et sociologie, l’enjeu de cette journée d’étude sera d’opérer un retour sur les analyses sociologiques des années 1968 et les perspectives historiennes sur le travail ménager. 10H30 Accueil 10H45 : Lilian Mathieu (Cnrs, Centre Max Weber), Présentation du cycle sur l’interdisciplinarité et bilan des deux premières journées. 11h15 –11H45 : Alexandra Oeser (université de Nanterre), « Les années 1970 comme tournant dans la définition sociologique du travail et ses impacts sur la sociologie du travail, de la famille et du militantisme ». 11H45- 12H30 : Débats Repas Après-midi 14h-17h 14h – Michelle Zancarini-Fournel (Larhra), « Théorisations féministes du travail domestique dans les années 1970 et mise en oeuvre ultérieure par des chercheur.es de l’INSEE ». 14h 30 : Camille Masclet (Cnrs), « De la théorie à la pratique : saisir le rapport au travail domestique dans les trajectoires des féministes des années 1970 ». 15H : Vincent Porhel (Larhra), « Un syndicat de mère de famille ? le travail domestique au risque de la syndicalisation dans les années 68 » 15H30 : Margot Beal (Larhra), « Le travail ménager vu par les domestiques » (sous réserve) 16H-17H : Débats et conclusions du cycle sur l’interdisciplinarité
Contacts : Lilian Mathieu <lilian.mathieu@ens-lyon.fr>, Vincent Porhel vincent.porhel@univ-lyon1.fr<mailto:vincent.porhel@univ-lyon1.fr>, Michelle Zancarini-Fournel, michelle.zancarini-fournel@wanadoo.fr
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[1] Le terme peut être envisagé dans ses deux sens, à la fois de permanence affective mais aussi d’immobilisation, comme sous l’effet d’une colle.
______________________________________________ Vincent Porhel Maitre de conférences – HDR en histoire contemporaine Université Lyon 1 – UMR LARHRA

