Avis de soutenance – Samuel Tracol- La sale besogne. L’administration pénitentiaire et ses hommes dans les bagnes de Guyane française. 1852-1953
Chères et chers collègues,
Je suis heureux de vous convier à la soutenance de ma thèse intitulée :
La sale besogne. L’administration pénitentiaire et ses hommes dans les bagnes de Guyane française. 1852-1953
Sous la direction d’Arnaud-Dominique Houte, professeur à Sorbonne Université Devant un jury composé de :
Marc Renneville, directeur de recherche, CNRS/EHESS, président
Quentin Deluermoz, professeur d’histoire, University of Cambridge/ Université Paris Cité, rapporteur
Odile Roynette, professeure d’histoire, Université Bourgogne Europe, rapporteure
Clare Anderson, professeure d’histoire, University of Leicester, examinatrice
Céline Flory, chargée de recherche, CNRS/EHESS
La soutenance publique aura lieu le :
Jeudi 4 juin 2026 à partir de 14h
Amphithéâtre Michelet, site Sorbonne à Paris (accès par le 46 rue Saint-Jacques).
Pour des raisons d’organisation, l’accès à l’amphithéâtre comme à la salle virtuelle sera conditionné au remplissage avant le 1er juin du formulaire suivant :
forms.gle/RjZXA5jvKpiUr2Pu8
Le lien de connexion sur la plateforme Zoom sera envoyé par e-mail par la suite.
La soutenance sera suivie d’un pot auquel l’ensemble des participant·es est chaleureusement convié.
Au plaisir de partager ce moment avec vous,
Samuel Tracol
Résumé : De 1852 à 1953, les établissements pénitentiaires coloniaux de Guyane ont enfermé plus de 80 000 condamnés. Pour assurer leur surveillance, leur administration, le service religieux et sanitaire, ils ont employé des centaines de fonctionnaires. L’approche prosopographique permet de faire une histoire sociale de ces corps et de leur inscription dans la situation coloniale guyanaise. Voie d’accès privilégiée à la fonction publique pour les coloniaux ou les Corses, l’administration pénitentiaire est un rouage important de l’histoire impériale française. Au-delà de la fonction punitive, le bagne a pour objet de mettre en économie un territoire délaissé par les investisseurs privés. Les forçats prennent le relais des esclaves affranchis en 1848 pour fournir une main-d’œuvre mise à profit pour la construction d’infrastructures, l’agriculture, l’exploitation forestière ou minière. À Kourou, le projet de ferme pénitentiaire bute sur l’incapacité de l’administration et de ses agents à concilier les contraintes carcérales avec les besoins d’une entreprise agricole. Le projet concessionnaire initial, visant à transformer la population pénale en colons libres fait long feu et laisse la place à une institution recentrée sur une mission punitive et disciplinaire, où les surveillants militaires tiennent le premier rôle. Témoins privilégiés de cette sale besogne, les médecins et les prêtres portent un regard volontiers critique sur la colonisation pénitentiaire, tout en participant à leur échelle, au pouvoir disciplinaire exercé sur les condamnés. Du siècle de colonisation pénitentiaire en Guyane se détache une chronologie marquée par la succession d’un projet d’utopie pénale inspiré de l’exemple australien, suivi d’une bureaucratisation croissante de l’institution pénitentiaire, qui constitue durant un demi-siècle une autorité coloniale autonome, avant que la presse et l’opinion ne la condamnent définitivement à partir des années 1920, faisant le constat d’un triple échec moral, pénal et colonial.

