3ème séance du séminaire « Guerres, mémoires, perceptions » – Haut-Karabagh
Bonjour à tous,
La troisième séance du séminaire “guerres, mémoires, perceptions : ce que le fait guerrier fait en terrain extraeuropéen” se tiendra la semaine prochaine, le mercredi 15 avril, de 10h à 13h. Exceptionnellement, la séance a lieu exclusivement en ligne. Vous pouvez nous contacter pour obtenir le lien de connexion.
Cette séance est consacrée aux Arméniens dans la guerre du Haut-Karabagh, abordée au prisme des émotions. Nous accueillerons deux intervenantes :
Sophie Hohmann (INALCO). “Une jeunesse engagée dans la guerre et sacrifiée. S’intéresser aux récits personnels de soldats dans un contexte de dissonance narrative”. À travers l’exemple d’un bloc-notes retrouvé sur un jeune soldat défunt durant la guerre des 44 jours à l’automne 2020, cette présentation s’intéresse à l’expérience de la guerre chez un soldat arménien de 19 ans mobilisé pour le service militaire et happé par la guerre. Il s’agit d’aborder les perceptions d’un soldat, ses questionnements, son monde social par la lecture de carnets personnels, pratique « ordinaire » de l’écriture de soi. Par ailleurs, le rapport à la perte, au deuil, aux éléments mémoriels sont au cœur du sujet et il ressort des entretiens réalisés, des situations et des arrangements permettant de conserver un lien émotionnel avec le défunt, d’organiser sa vie autour de sa mémoire. La question du processus de deuil chez ces familles se pose évidemment de manière ouverte à l’heure où l’État est en train de déplacer le sens donné à la mort en redéfinissant le récit sur la guerre et récit national.
Anita Khachaturova (Université libre de Bruxelles). “Une ethnographie de la perte à travers les cartes spectrales des déplacés arméniens de Hadrout (Nagorno-Karabakh)” Cette recherche s’interroge sur la façon dont l’expérience de la perte d’une terre natale (homeland) affecte les rapports à l’espace-temps et à l’identité collective. À travers l’analyse de cartes ‘spectrales’ des Arméniens de Hadrout déplacés lors de la guerre de 2020 dans le Haut-Karabakh, je tente de montrer la façon dont la perte défie les récits idéologiques (hégémoniques) sur l’espace national et le rapport au conflit. J’engage en outre une réflexion sur les méthodes affectives destinées à appréhender l’expérience de l’exil par le biais d’un savoir sensible qui accompagne le mouvement de séparation et qui est intimement lié au corps et à sa perméabilité par les relations aux mondes social, matériel et spirituel qui structurent le local. Cette approche permet également de faire une lecture critique des enjeux de politiques de mémoire et d’identité dans un contexte de reconfigurations géopolitiques dans lequel l’Arménie évolue depuis la défaite dans la guerre de 2020.
Au plaisir de vous y retrouver,
Bien à vous tous,
Elodie Gavrilof et Akhésa Moummi
La troisième séance du séminaire “guerres, mémoires, perceptions : ce que le fait guerrier fait en terrain extraeuropéen” se tiendra la semaine prochaine, le mercredi 15 avril, de 10h à 13h. Exceptionnellement, la séance a lieu exclusivement en ligne. Vous pouvez nous contacter pour obtenir le lien de connexion.
Cette séance est consacrée aux Arméniens dans la guerre du Haut-Karabagh, abordée au prisme des émotions. Nous accueillerons deux intervenantes :
Sophie Hohmann (INALCO). “Une jeunesse engagée dans la guerre et sacrifiée. S’intéresser aux récits personnels de soldats dans un contexte de dissonance narrative”. À travers l’exemple d’un bloc-notes retrouvé sur un jeune soldat défunt durant la guerre des 44 jours à l’automne 2020, cette présentation s’intéresse à l’expérience de la guerre chez un soldat arménien de 19 ans mobilisé pour le service militaire et happé par la guerre. Il s’agit d’aborder les perceptions d’un soldat, ses questionnements, son monde social par la lecture de carnets personnels, pratique « ordinaire » de l’écriture de soi. Par ailleurs, le rapport à la perte, au deuil, aux éléments mémoriels sont au cœur du sujet et il ressort des entretiens réalisés, des situations et des arrangements permettant de conserver un lien émotionnel avec le défunt, d’organiser sa vie autour de sa mémoire. La question du processus de deuil chez ces familles se pose évidemment de manière ouverte à l’heure où l’État est en train de déplacer le sens donné à la mort en redéfinissant le récit sur la guerre et récit national.
Anita Khachaturova (Université libre de Bruxelles). “Une ethnographie de la perte à travers les cartes spectrales des déplacés arméniens de Hadrout (Nagorno-Karabakh)” Cette recherche s’interroge sur la façon dont l’expérience de la perte d’une terre natale (homeland) affecte les rapports à l’espace-temps et à l’identité collective. À travers l’analyse de cartes ‘spectrales’ des Arméniens de Hadrout déplacés lors de la guerre de 2020 dans le Haut-Karabakh, je tente de montrer la façon dont la perte défie les récits idéologiques (hégémoniques) sur l’espace national et le rapport au conflit. J’engage en outre une réflexion sur les méthodes affectives destinées à appréhender l’expérience de l’exil par le biais d’un savoir sensible qui accompagne le mouvement de séparation et qui est intimement lié au corps et à sa perméabilité par les relations aux mondes social, matériel et spirituel qui structurent le local. Cette approche permet également de faire une lecture critique des enjeux de politiques de mémoire et d’identité dans un contexte de reconfigurations géopolitiques dans lequel l’Arménie évolue depuis la défaite dans la guerre de 2020.
Au plaisir de vous y retrouver,
Bien à vous tous,
Elodie Gavrilof et Akhésa Moummi

