Séminaire genre et désindustrialisation : histoire queer de la désindustrialisation
Chères et chers collègues,
Pour la prochaine séance du séminaire Genre et déisndustrialisation, nous aurons le plaisir d’entendre, depuis Montréal, Liam Devitt (directeur associé du programme de recherche international Deindustrialization and the Politics of our Time) dans une communication intitulée « Reopening the gay steel mill : queer histories of deindustrialization » (« Rouvrir l’aciérie gay : histoires queers de la désindustrialisation »). Il sera possible de poser des questions en français.
Exceptionnellement, la prochaine, le jeudi 12 février, se déroulera exclusivement en ligne.
Le lien pour se connecter reste le même (nos excuses pour les problèmes techniques de la dernière séance : si un nouveau problème survient, suveillez votre boîte mail) : meet.google.com/yff-nzze-odx Toutes les informations du séminaire (programme, infos utiles pour venir etc.) sont disponibles au lien suivant : www.idhes.cnrs.fr/genre-et-desindustrialisation/
Amitiés,
Romain Castellesi et Amandine Tabutaud
——— Romain Castellesi Maître de conférences en histoire contemporaine Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO) UR 4030, HLLI, Unité de Recherche sur l’Histoire, les Langues, les Littératures et l’Interculturel
Présentation Mineurs, sidérurgistes, ouvriers de l’industrie chimique ou automobile : la figure du travailleur viril, blanc, père de famille et hétérosexuel a longtemps prédominé dans les récits de la désindustrialisation, essentialisant ainsi ses actrices et acteurs. Le phénomène, « socialement compliqué, historiquement profond, géographiquement divers et politiquement embarrassant »[1] <www.idhes.cnrs.fr/genre-et-desindustrialisation/#_ftn1> est aussi vieux que l’industrie. Cet objet de sciences sociales aux dimensions multiples s’est imposé ces dernières années comme un vaste champ d’étude en France et dans le monde.
Si les fermetures d’usines sont considérées comme des menaces pour les masculinités, l’expérience vécue par les femmes apparait souvent en marge de la littérature. Face à la déstabilisation des sociabilités et pratiques des communautés industrielles, les regards se sont notamment portés sur l’exaltation d’une virilité des salariés en lutte – forme idéalisée et hégémonique des masculinités – lors des conflits de la dernière chance pour sauver les usines.
Pourtant, en première ligne des suppressions d’emplois, les femmes – particulièrement les ouvrières – sont exposées précocement à la désindustrialisation. Leurs résistances à la « perte de soi »[2] <www.idhes.cnrs.fr/genre-et-desindustrialisation/#_ftn2> que représentent les licenciements sont généralement présentées comme des luttes de femmes vulnérables, quand ces dernières ne sont pas invisibilisées dans l’analyse du phénomène.
L’envers de cette attitude, touchant à la déstabilisation des masculinités, a également retenu l’attention de nombreuses et nombreux chercheurs ayant montré à quel point le modèle du male breadwinner est entré en crise face à la disparition de l’emploi, avec des répercussions tant dans les relations sociales que dans l’intimité des couples, des familles mais aussi dans les liens amicaux, au travail et en-dehors. Outil de compréhension des identités sexuées et des rapports de pouvoir, le genre nous invite donc à dépasser la binarité des réactions à la désindustrialisation et élargir les approches du phénomène comme une expérience familiale, générationnelle, domestique, professionnelle mais aussi sanitaire et corporelle. Ce séminaire entend donc se faire l’écho des travaux en cours sur les dynamiques genrées de la désindustrialisation, pensées dans une perspective transnationale, comparative et transdisciplinaire.
[1] <www.idhes.cnrs.fr/genre-et-desindustrialisation/#_ftnref1> Jefferson Cowie et Joseph Heathcott (dir.), Beyond the Ruins : The Meanings of Deindustrialization, Ithaca, Cornell University Press, 2003, p. 2.
[2] <www.idhes.cnrs.fr/genre-et-desindustrialisation/#_ftnref2> Danièle Linhart, Perte d’emploi, perte de soi, Paris, Eres, 2002.
Programme Jeudi 20 novembre 2025 Romain Castellesi | Université du Littoral Côte d’Opale Amandine Tabutaud | Université Paris-Saclay
Introduction. Genre et désindustrialisation : état des lieux et perspectives de recherche.
Jeudi 18 décembre 2025 Nicolas Renahy | INRAE
La matrice féministe des années 68 en milieu ouvrier à l’épreuve du temps
Jeudi 22 janvier 2026 Fanny Gallot | Université Paris-Est Créteil Rose Feinte | Université Paris-Est Créteil
Travail reproductif et désindustrialisation
Jeudi 12 février 2026 Liam Devitt | Université Concordia de Montréal
Reopening the gay steel mill : queer histories of deindustrialization Rouvrir l’aciérie gay : histoires queers de la désindustrialisation
Jeudi 19 mars 2026 Marion Henry | Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
« Entre hommes » : pratiques récréatives et (re)construction des masculinités au sein des bassins miniers britanniques (années 1950 – années 1980)
Jeudi 16 avril 2026 Juliette Ronsin | École des Hautes Études en Sciences sociales/MUCEM
Parentés et sociabilités en contexte de désindustrialisation, le cas de l’immigration yougoslave à Belfort-Montbéliard
Jeudi 21 mai 2026 Jackie Clarke | Université de Glasgow
Désindustrialisation et travail à domicile
Pour la prochaine séance du séminaire Genre et déisndustrialisation, nous aurons le plaisir d’entendre, depuis Montréal, Liam Devitt (directeur associé du programme de recherche international Deindustrialization and the Politics of our Time) dans une communication intitulée « Reopening the gay steel mill : queer histories of deindustrialization » (« Rouvrir l’aciérie gay : histoires queers de la désindustrialisation »). Il sera possible de poser des questions en français.
Exceptionnellement, la prochaine, le jeudi 12 février, se déroulera exclusivement en ligne.
Le lien pour se connecter reste le même (nos excuses pour les problèmes techniques de la dernière séance : si un nouveau problème survient, suveillez votre boîte mail) : meet.google.com/yff-nzze-odx Toutes les informations du séminaire (programme, infos utiles pour venir etc.) sont disponibles au lien suivant : www.idhes.cnrs.fr/genre-et-desindustrialisation/
Amitiés,
Romain Castellesi et Amandine Tabutaud
——— Romain Castellesi Maître de conférences en histoire contemporaine Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO) UR 4030, HLLI, Unité de Recherche sur l’Histoire, les Langues, les Littératures et l’Interculturel
Présentation Mineurs, sidérurgistes, ouvriers de l’industrie chimique ou automobile : la figure du travailleur viril, blanc, père de famille et hétérosexuel a longtemps prédominé dans les récits de la désindustrialisation, essentialisant ainsi ses actrices et acteurs. Le phénomène, « socialement compliqué, historiquement profond, géographiquement divers et politiquement embarrassant »[1] <www.idhes.cnrs.fr/genre-et-desindustrialisation/#_ftn1> est aussi vieux que l’industrie. Cet objet de sciences sociales aux dimensions multiples s’est imposé ces dernières années comme un vaste champ d’étude en France et dans le monde.
Si les fermetures d’usines sont considérées comme des menaces pour les masculinités, l’expérience vécue par les femmes apparait souvent en marge de la littérature. Face à la déstabilisation des sociabilités et pratiques des communautés industrielles, les regards se sont notamment portés sur l’exaltation d’une virilité des salariés en lutte – forme idéalisée et hégémonique des masculinités – lors des conflits de la dernière chance pour sauver les usines.
Pourtant, en première ligne des suppressions d’emplois, les femmes – particulièrement les ouvrières – sont exposées précocement à la désindustrialisation. Leurs résistances à la « perte de soi »[2] <www.idhes.cnrs.fr/genre-et-desindustrialisation/#_ftn2> que représentent les licenciements sont généralement présentées comme des luttes de femmes vulnérables, quand ces dernières ne sont pas invisibilisées dans l’analyse du phénomène.
L’envers de cette attitude, touchant à la déstabilisation des masculinités, a également retenu l’attention de nombreuses et nombreux chercheurs ayant montré à quel point le modèle du male breadwinner est entré en crise face à la disparition de l’emploi, avec des répercussions tant dans les relations sociales que dans l’intimité des couples, des familles mais aussi dans les liens amicaux, au travail et en-dehors. Outil de compréhension des identités sexuées et des rapports de pouvoir, le genre nous invite donc à dépasser la binarité des réactions à la désindustrialisation et élargir les approches du phénomène comme une expérience familiale, générationnelle, domestique, professionnelle mais aussi sanitaire et corporelle. Ce séminaire entend donc se faire l’écho des travaux en cours sur les dynamiques genrées de la désindustrialisation, pensées dans une perspective transnationale, comparative et transdisciplinaire.
[1] <www.idhes.cnrs.fr/genre-et-desindustrialisation/#_ftnref1> Jefferson Cowie et Joseph Heathcott (dir.), Beyond the Ruins : The Meanings of Deindustrialization, Ithaca, Cornell University Press, 2003, p. 2.
[2] <www.idhes.cnrs.fr/genre-et-desindustrialisation/#_ftnref2> Danièle Linhart, Perte d’emploi, perte de soi, Paris, Eres, 2002.
Programme Jeudi 20 novembre 2025 Romain Castellesi | Université du Littoral Côte d’Opale Amandine Tabutaud | Université Paris-Saclay
Introduction. Genre et désindustrialisation : état des lieux et perspectives de recherche.
Jeudi 18 décembre 2025 Nicolas Renahy | INRAE
La matrice féministe des années 68 en milieu ouvrier à l’épreuve du temps
Jeudi 22 janvier 2026 Fanny Gallot | Université Paris-Est Créteil Rose Feinte | Université Paris-Est Créteil
Travail reproductif et désindustrialisation
Jeudi 12 février 2026 Liam Devitt | Université Concordia de Montréal
Reopening the gay steel mill : queer histories of deindustrialization Rouvrir l’aciérie gay : histoires queers de la désindustrialisation
Jeudi 19 mars 2026 Marion Henry | Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
« Entre hommes » : pratiques récréatives et (re)construction des masculinités au sein des bassins miniers britanniques (années 1950 – années 1980)
Jeudi 16 avril 2026 Juliette Ronsin | École des Hautes Études en Sciences sociales/MUCEM
Parentés et sociabilités en contexte de désindustrialisation, le cas de l’immigration yougoslave à Belfort-Montbéliard
Jeudi 21 mai 2026 Jackie Clarke | Université de Glasgow
Désindustrialisation et travail à domicile

