Séminaire EHESS « Enjeux de l’habitabilité moderne et impacts socio-environnementaux. Perspectives américaines, XVIe-XXIe siècle »

Chères et chers collègues,
Vous trouverez ci-dessous le descriptif et le programme de notre séminaire «Enjeux de l’habitabilité moderne et impacts socio-environnementaux. Perspectives américaines, XVIe-XXIe siècle », qui reprendra *le mardi 17 février prochain, 13h30-15h30,* EHESS Condorcet, salle 402.
(Séminaire en format hybride : si vous souhaitez recevoir le lien, écrivez à : claudia.damasceno@ehess.fr ) <claudia.damasceno@ehess.fr>
Vous êtes toutes et tous les bienvenus.
Bien cordialement,
Les organisateurs
Claudia DAMASCENO (Mondes Américains/CRBC)
Sébastien ROZEAUX (Univ. Toulouse Jean Jaurès, en délégation CNRS, Mondes Américains/EHESS)

*Enjeux de l’habitabilité moderne et impacts socio-environnementaux. Perspectives américaines, XVIe-XXIe siècle *
*Claudia Damasceno (EHESS/Mondes Américains-CRBC) et Sébastien Rozeaux (Univ. Toulouse- en délégation à Mondes Américains-CRBC)*
*Séminaire en format hybride, Mardi, 13h30-15h30, du 17 février au 2 juin 2026 *
*EHESS Condorcet, salle 402*
Au croisement du social et du spatial, le concept d’habitabilité permet d’appréhender la façon dont une société donnée configure un espace de vie et le constitue en territoire (réel et imaginé). À l’échelle locale, il permet de mesurer finement les interactions entre les sociétés (urbaines ou rurales) et leur environnement, dans leur réciprocité. À plus large échelle, il permet de penser aussi les représentations et imaginaires des grands écosystèmes à l’échelle planétaire, ainsi que les déséquilibres et les défis contemporains qui caractérisent l’Anthropocène, à l’heure où beaucoup s’interrogent à juste titre sur l’habitabilité de la Terre dans les décennies et siècles à venir.
Aux Amériques, l’habitabilité est une notion qui a servi à différents objectifs au fil du temps, depuis les débuts de la colonisation : situer les limites spatiales de la Terre habitable, émettre des jugements moraux sur les espaces (et espèces) qui ne seraient pas compatibles avec la vie humaine civilisée (M. Onetto), et à l’inverse, elle définit les conditions et ressources essentielles à la survie d’une communauté – le commun. Il s’agit ce faisant d’un paradigme qui aide à comprendre la condition humaine dans sa relation avec l’espace et le temps.
Parce que ces processus évoluent et s’infléchissent dans le temps, s’intéresser à l’habitabilité d’une région ou d’un biome permet aussi de saisir les constructions identitaires et culturelles à l’œuvre, la façon dont celles-ci objectivent ou naturalisent des conceptions de la nature et des sociétés qui sont mises au service des dominants, à l’époque coloniale comme après les indépendances. Ainsi l’habitabilité d’une région, d’un territoire donné est-elle susceptible d’évoluer, à mesure que la puissance publique s’affirme et ambitionne, dans un geste parfois démiurge, de régénérer un territoire ou une société, afin d’établir (ou de rétablir) son habitabilité.
Les différentes séances porteront sur les conceptions spatiales associées à l’habité/habitable et à ses contraires – arrière-pays, confins, déserts, hautes montagnes –, aux processus de genèse d’établissements et de communs coloniaux qui se sont déroulés au sein de différentes sociétés du continent américain, et aux mutations profondes des représentations, des formes d’habiter et des politiques publiques d’aménagement du territoire (et en particulier des espaces naturels), à l’époque contemporaine.
*PROGRAMME *
17 février : Introduction (Claudia Damasceno, Sébastien Rozeaux)
24 février : Denise Pinheiro Machado, (PROURB-UFRJ, professeure invitée EHESS) : “La réinvention du paysage : nouveaux projets pour le Porto Maravilha et la baie de Guanabara à Rio de Janeiro”.
3 mars : Ana Villarino Katzenstein (Université UDELAR, Uruguay, professeure invitée programme Cône Sud), « Les ombúes (Phytolacca dioica). Valeur des paysages et des histoires locales en interaction avec les éléments naturels ».
10 mars : Claudia Damasceno (EHESS), “Communs et pouvoir municipal – le cas de Salvador de Bahia, XVIe-XVIIIe siècle.”
17 mars : Ana Fernandes (Université Fédérale de Bahia, professeure invitée EHESS) “Ambiguïté de la politique réformiste à Salvador de Bahia dans les années 1960: accaparement des terres publiques et expansion urbaine.
24 mars : Claudia Damasceno (EHESS), “Représentations et usages des mangroves en Amérique portugaise.”
7 avril : Sébastien Rozeaux, “Débats intellectuels sur le biome caatinga et son habitabilité au tournant du 20e siècle (Brésil) »
14 avril : Sébastien Rozeaux et Sandro Dutra e Silva (Universidade Estadual de Goiás, Brésil). Les biomes du *cerrado* et de la *caatinga* dans le Brésil contemporain, approches comparées.
5 mai : Margarida Sobral Neto, (Université de Coimbra, Professeur invitée à l’EHESS, “Formes de propriété partagée au Portugal à l’époque moderne. 1. Le cas des baldios”.
12 mai : Margarida Sobral Neto, (Université de Coimbra, Professeure invitée à l’EHESS, “Formes de propriété partagée au Portugal à l’époque moderne. 2. Le cas de l’emphytéose”
19 mai : Carolina Jurado (Conicet, Argentine) et Claudia Damasceno (EHESS), “Les terres communales (baldios) en Amérique espagnole et portugaise”
2 juin : Frédéric Spillemaeker (IFEA, Bogota) « Extractivisme et souverainetés dans le bassin de l’Orénoque (Colombie et Venezuela; 1800-1914) »