appel a communication

Appel à communication pour un colloque international

Rencontre organisée par le laboratoire Criham de l’université de Poitiers conjointement avec la Fondation Turati. Le première journée aura lieu à Poitiers, le 15 mai 2025 et la deuxième à Florence, en octobre 2025 (la date sera précisée ultérieurement) Propositions (3 000 signes max) à envoyer d’ici le 10 janvier à : [ mailto:dino.mengozzi@uniurb.it | dino.mengozzi@uniurb.it ] [ mailto:jerome.grevy@univ-poitiers.fr | jerome.grevy@univ-poitiers.fr ]
Martyrs de la politique, politiques du martyre

Le 10 juin 1924 était enlevé, roué de coups et poignardé par un escadron fasciste le député socialiste Giacomo Matteotti. Il avait, le 30 mai, dénoncé à la tribune du parlement les méthodes du gouvernement de Mussolini. Les polémiques soulevées par la discrétion de la célébration du centenaire de cet assassinat conduisent à s’interroger sur l’usage de la mémoire de la violence. Outre ses revendications et ses programmes, chaque culture politique dispose en effet d’un récit associant le passé et le présent, qui rappelle des événements jugés emblématiques et, surtout, célèbre des hommes et des femmes proposés à l’admiration des militants et de l’opinion publique. Les galeries de portraits des martyrs figurent en bonne place dans le répertoire des symboles politiques. Le récit de leurs derniers moments atteint une dimension mythique. Les lieux de leur décès sont l’objet de pèlerinages mémoriels. Des monuments sont érigés. Des objets emblématiques accèdent au rang de reliques laïques. Les cérémonies de commémoration leur rendent hommage.
L’objet de cette rencontre sera non pas de confirmer ou contester l’image de ces personnages ni d’élaborer un dictionnaire biographique mais de décrypter le processus qui a fait d’eux des martyrs de la politique. Les études de cas pourront s’attacher à examiner les points suivants (qui ne sont ni exclusifs ni définitifs, qui peuvent concerner la période moderne) :
· 1 : narration
Les récits de la vie, des actions et, surtout, des circonstances de la mort jouent un rôle décisif dans l’affirmation que la personne est un martyr. Un premier degré consiste à examiner la sémantique : quels sont les substantifs ou les adjectifs qui ont précédé l’usage du mot martyr pour qualifier une personne ou un groupe ? À quel moment le vocable s’impose-t-il comme une évidence ? Inversement, quand et par qui est-il refusé ? Les narrateurs se doivent d’authentifier leur position et leur parole. Ils ont bien souvent recours à des témoignages dont ils certifient la fiabilité. Afin d’atteindre leur objectif, qu’ils soient partisans ou adversaires de la culture politique du martyr, la cible finale est l’opinion publique. Une attention particulière sera portée aux conditions de production des martyrologes ainsi qu’aux vecteurs de transmission de cette parole autorisée : discours publiés, brochures, comptes rendus de presse, etc.
· 2 : célébration
A la demande de proches ou de personnalités, la reconnaissance suprême est l’inscription dans un Panthéon immatériel, prélude à l’entrée dans un monument funéraire ou à l’inscription lapidaire apposée en un endroit marqué par le personnage honoré. Il importera d’observer attentivement les lieux, les moments et les gestes accomplis, sans oublier le répertoire mis en œuvre à l’occasion de l’inauguration ou de la cérémonie annuelle. Il sera non moins crucial en outre d’observer les fidèles de ces liturgies, de comprendre le sens de leur venue et le bénéfice qu’ils espèrent en tirer.
· 3 : transmission
Avec le temps, le souvenir a tendance à s’émousser. Interviennent alors des gardiens de la mémoire qui s’occupent de le réactiver et le transmettre, au prix parfois d’inflexions dans les mots ou les manifestations mémorielles. Des événements peuvent contribuer à chercher dans la vie du martyr un modèle à proposer aux militants ou un argument destiné à mettre en avant les héritiers de celui qui est supposé avoir offert sa vie en faveur des idées qu’il défend. Les conditions de ré-écriture de la geste du martyr ainsi que les modalités de transmission – brochures, revues, livres – retiendront notre attention.

Comité d’organisation Dino Mengozzi Jérôme Grévy
Comité scientifique Luigi Tomassini Maurizio Dal’Innocenti Chloé Gaboriaux Albrecht Burkardt
— ———— Professeur d’histoire contemporaine Assesseur à la recherche de la Faculté des Sciences humaines et des Arts Responsable du Parcours Action publique territoriale et des stages du Master de sciences politiques Université de Poitiers – UFR des Sciences humaines et des arts Centre de recherches en histoire, histoire de l’art et musicologie (CRIHAM) 8 rue René-Descartes TSA 81118 86073 POITIERS Cedex 9 – France Tel : +33(0)5 49 45 45 46 (bureau : Criham, 24 rue de la chaîne)