AAC – (Re)penser le (post-)colonial dans l’ex-soviétique – 3 décembre 2026 – Campus Condorcet
Vous trouverez ci-dessous un appel à contributions pour un atelier en études aréales qui se tiendra le 3 décembre 2026 au Campus Condorcet à Aubervilliers :
« (Re)penser le (post-)colonial dans l’ex-espace soviétique »
Cet événement s’adresse notamment aux chercheuses et chercheurs en sciences sociales travaillant sur l’ex-espace impérial russe et soviétique. Il propose un espace d’échanges autour de travaux en cours d’écriture et ouvre une réflexion transdisciplinaire sur les modalités, ainsi que sur les éventuelles limites, de la mobilisation du prisme (post)colonial pour ces aires.
Sont bienvenus les textes proposant des réflexions épistémologiques sur l’usage des corpus théoriques et des notions de (post)colonialisme, des travaux mobilisant ces notions ou des concepts apparentés pour l’analyse d’archives ou de matériaux issus de terrains contemporains, ainsi que des contributions ouvrant des perspectives méthodologiques autour de ces mêmes enjeux.
Les propositions sont à envoyer avant le 31 août 2026 à l’adresse suivante : postcolonial.2026@gmail.com<mailto:postcolonial.2026@gmail.com>
Cet atelier bénéficie du soutien du Réseau thématique Est (CNRS), du CERCEC et du CREE.
Bien cordialement,
Le comité d’organisation
Richelli Afonso, doctorante en géographie au CERCEC (EHESS)
Dana Kostenetsky, doctorante en sociologie au CERCEC (EHESS)
Jeanne Paul-Roth, doctorante en histoire et en géographie au CREE (Inalco)
Georges Sollogoub, doctorant en histoire au CERCEC (EHESS)
Guillaume Minea-Pic, historien, chercheur postdoctoral, Helsinki Collegium of Advanced Studies, chercheur associé au CERCEC (EHESS)
—————————————————————————————————————
Atelier en études aréales « (Re)penser le (post-)colonial dans l’ex-soviétique » 3 décembre 2026 Campus Condorcet, Aubervilliers Date limite de dépôt des propositions : 31 août 2026 Contact : postcolonial.2026@gmail.com<mailto:postcolonial.2026@gmail.com>
Le Centre d’études russes, caucasiennes, est-européennes et centrasiatiques (CERCEC, EHESS) et le Centre de recherche Europes-Eurasie (CREE, Inalco) organisent, le 3 décembre 2026, un atelier d’écriture et de réflexion sur les concepts de colonialisme et de postcolonialisme mobilisés pour l’étude de l’ex-espace impérial russe et soviétique. L’objectif général de cet atelier est de (ré)évaluer la pertinence de ces notions pour l’étude de ces aires, et l’appropriation possible de ce corpus théorique. Cette journée vise à ouvrir une réflexion critique sur le recours aux approches postcoloniales pour l’ex-espace impérial russe et soviétique, en discutant de leurs intérêts et de leurs limites, sans exclure l’éventuelle nécessité d’introduire des notions alternatives ou hybrides. En effet, l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie a relancé le débat sur la nature coloniale de l’expansionnisme russe et sur les relations qu’entretient la Russie avec les pays indépendants ex-soviétiques. Si pour les empires coloniaux ultramarins, le prisme (post)colonial est depuis longtemps admis comme un outil majeur de critique et d’analyse, son utilisation pour des empires territoriaux comme l’empire russe et l’Union soviétique ne fait pas l’objet d’un consensus. Ce prisme – entendu comme la prise en compte des logiques de domination impériale, des relations d’exploitation économique entre une métropole et ses colonies, ainsi que des imaginaires qui en découlent – fait l’objet d’une mobilisation disparate selon les territoires. Davantage mobilisé pour analyser les conquêtes et les modes d’administration des régions d’Asie centrale à l’époque impériale[1], son utilisation demeure plus controversée pour d’autres territoires (Caucase, pays baltes[2], et a fortiori pour l’Europe de l’Est[3]). De plus, l’utilisation de concepts identiques pour définir les pratiques impériales et les logiques coloniales de l’Empire des tsars, de l’Union soviétique et de la Fédération de Russie pose également problème. Elles peuvent en effet tendre à estomper les ruptures que proposait sur le plan théorique le projet socialiste d’égalité entre les nations et les individus, ou encore à homogénéiser des pratiques administratives distinctes et la diversité des processus de transitions postsocialistes[4]. Ainsi, dans quelle mesure et pour quelle(s) période(s) l’appropriation de la littérature mobilisant le prisme (post)colonial est-elle pertinente pour l’étude des espaces allant de l’Asie centrale à l’Europe de l’Est ? Et à l’inverse, quels apports peut-on attendre des travaux portant sur l’espace ex-soviétique pour les études postcoloniales ? Par exemple, permettent-ils de remettre en question la centralité du capitalisme dans les phénomènes coloniaux à partir de l’expérience soviétique? Ou de penser autrement la construction des altérités et les relations entre colonisateur(s) et colonisé(s) ? Enfin, si le prisme (post)colonial s’avère pertinent, quelles modifications des pratiques de recherche faudrait-il envisager pour l’intégrer ?
Format Destiné aux doctorant·e·s, jeunes chercheur·euse·s et chercheur·euse·s confirmé·e·s travaillant sur l’ex-espace impérial russe et soviétique, cet atelier propose un espace d’échanges autour de travaux en cours d’écriture, en ouvrant une réflexion transdisciplinaire sur les modalités et les éventuelles limites de la mobilisation du prisme (post)colonial pour ces aires. Sont bienvenus les textes proposant des réflexions épistémologiques sur la mobilisation des corpus théoriques et des notions de (post)colonialisme, des textes proposant une application de ces notions ou de notions apparentées pour l’analyse d’archives ou de matériaux issus de terrains contemporains, mais aussi des textes qui ouvrent des réflexions méthodologiques autour des notions de (post)colonialisme. Les intervenantes pourront présenter brièvement (5 minutes) leur travail d’écriture en cours (article ou extrait de chapitre de thèse). Celui-ci aura été lu en amont par les autres participant·e·s à l’atelier, afin d’en discuter collectivement lors de la journée. L’objectif est ainsi d’accompagner les participant·es dans leur travail de rédaction, notamment lorsque la mobilisation d’approches postcoloniales – tout comme son refus – pose question.
Modalités de soumission d’une proposition de communication Les propositions de communication (1000 mots maximum), à envoyer avant le 31 août à l’adresse postcolonial.2026@gmail.com<mailto:postcolonial.2026@gmail.com>, devront présenter le contexte, la question de recherche, le cadre théorique, et les principaux résultats ou hypothèses du travail de rédaction proposé à la discussion, en précisant la manière dont celui-ci s’articule avec nos réflexions sur le recours aux approches postcoloniales. Dans un second temps, nous demanderons aux auteur·ices selectionné·e·s d’envoyer 3 semaines avant la date du workshop leurs travaux complets, ne devant pas excéder 7000 mots. Les travaux seront partagés sur une plateforme sécurisée destinée aux participant·e·s du workshop. Une semaine avant le workshop, les participant·e·s seront invité·e·s à fournir de brefs commentaires sur les autres contributions. Ce format, associé à une courte présentation, doit ainsi assurer des retours constructifs sur les articles soumis et favoriser une discussion approfondie sur le contenu lors du workshop. Enfin, nous demanderons aux auteur·ices d’y faire figurer leurs informations de présentation (nom, prénom, statut, institution de rattachement, adresse électronique), ainsi que de nous indiquer leur langue de travail préférentielle (français ou anglais). La langue de travail de l’atelier dépendra des soumissions de candidature.
Composition du comité d’organisation Richelli Afonso, doctorante en géographie au CERCEC (EHESS) Dana Kostenetsky, doctorante en sociologie au CERCEC (EHESS) Guillaume Minea-Pic, historien, chercheur postdoctoral, Helsinki Collegium of Advanced Studies, chercheur associé au CERCEC (EHESS) Jeanne Paul-Roth, doctorante en histoire et en géographie au CREE (Inalco) Georges Sollogoub, doctorant en histoire au CERCEC (EHESS)
Ce workshop bénéficie du soutien du Réseau thématique Est (CNRS), du CERCEC et du CREE.
________________________________ [1] Cf. le dossier « Le Turkestan russe : une colonie comme les autres ? » dirigé Svetlana Gorshenina et Sergej Abašin pour les Cahiers d’Asie centrale, 17/18/2009. [2] Cf. les débats entre PIIRIMAE Kaarel, « Postcolonialism and the Soviet Union. Epp Annus, Soviet Postcolonial Studies: A View from the Western Borderlands (London and New York: Routledge, 2018) », Methis. Studia humaniora Estonica, 2018 et ANNUS Epp, « Postcolonial cosmology or postcolonial critique? A response to Kaarel Piirimäe », Methis. Studia humaniora Estonica, 2018, vol. 17, no 21/22 à propos de la pertinence du prisme post-colonial dans les pays baltes. [3] Cf. la discussion à la fin du chapitre « Une relation asymétrique. Russes et Ukrainiens dans l’Empire russe au XIXème et au début du XXème siècle » dans KAPPELER Andreas, Russes et Ukrainiens : les frères inégaux du Moyen Âge à nos jours, Paris, CNRS éditions, 2023. [4] Cf. Martin, Terry. The Affirmative Action Empire: Nations and Nationalism in the Soviet Union, 1923–1939. In The Affirmative Action Empire. Cornell University Press, 2011 ; GÖKSEL, Oğuzhan & Huseynova, Natavan. (2015). The Other Colonial Empire: Reconsidering Soviet Rule in the Caucasus and Central Asia Through a Post-Colonial Lens. Florya chronicles of political economy, 10, pp. 97-110. Plokhy, Serhii. The Last Empire: The Final Days of the Soviet Union. Basic Books, 2014.
Guillaume Minea-Pic Chercheur associé, CERCEC / EHESS Incoming Core Fellow, Helsinki Collegium for Advanced Studies Dernière publication: « From Terror to Political Policing », From Terror to Political Policing: Dzerzhinskii’s Reforms and the Cheka-Gpu Transition. Cahiers d’histoire russe, est-européenne, caucasienne et centrasiatique, 66(4), 555-588. shs.cairn.info/journal-cahiers-du-monde-russe-2025-4-page-555?lang=en.
The information transmitted is intended only for the person or entity to which it is addressed and may contain confidential and/or privileged material. Any review, retransmission, dissemination, distribution, forwarding, or other use of, or taking of any action in reliance upon, this information by persons or entities other than the intended recipient is prohibited without the express permission of the sender. If you received this communication in error, please contact the sender and delete the material from any computer.

