GAIA’S VISCERA: MINING AS A REALITY AND A REPRESENTATION Call for Papers for Two International Conferences 2027

Chères et chers collègues,
Vous trouverez ci-dessous un appel à communications <mines.sciencesconf.org/data/pages/Appel_mines_230326_1716.docx> pour un double colloque pluridisciplinaire qui se tiendra en mars et octobre 2027 en France, à Amiens et Lens/Arras. Consacré aux représentations de la mine sur le temps long, il a vocation à réunir les chercheurs de toutes disciplines et espaces géographiques.
Le colloque d’octobre 2027 sera plus particulièrement consacré aux représentations en situation coloniale et au partage de cet héritage entre anciens pays colonisés et colonisateurs.
Dear colleagues, Please find a call for papers <mines.sciencesconf.org/data/pages/Appel_mines_230326_1716.docx> for a double multidisciplinary conference to be held in March and October 2027 in France, in Amiens and Lens/Arras. Dedicated to representations of mining over the long term, it aims to bring together researchers from all disciplines and geographical areas. The October 2027 conference will focus more specifically on representations in colonial contexts and the sharing of this heritage between formerly colonized and colonizing countries.
Thank you for sharing it widely within your networks and with your doctoral students. Je vous remercie de le diffuser largement dans vos réseaux et auprès de vos doctorants.
With my very best regards
Au nom du comité d’organisation/on behalf of the organizing committee Florence mines.sciencesconf.org
Florence Hachez-Leroy Professeure d’Histoire contemporaine Directrice du Centre de recherche et d’études : Histoire et sociétés (CREHS <crehs.univ-artois.fr/> – UR 4027) Chargée de mission déléguée Science avec et pour la Société Université d’Artois – – – – – – UFR Histoire, géographie, patrimoines 9, rue du Temple BP 10665 – 62030 ARRAS CEDEX
*LES ENTRAILLES DE GAÏA : RÉALITÉS ET REPRÉSENTATIONS DE LA MINE*
*Appel à communication pour deux colloques internationaux*
mines.sciencesconf.org
*Dates et lieux*
• *18 – 20 mars 2027* – *Université de Picardie Jules Verne*, Logis du Roy, Amiens
• *14 – 16 octobre 2027* – *Université d’Artois*, Lens, Arras / Approches coloniales et post-
coloniales, mémoires
*Présentation*
“En explorant les mille figures de Gaïa, on peut déplier tout ce que la notion de Nature avait
confondu : une éthique, une politique, une étrange conception des sciences et, surtout, une
économie et même une théologie.”
Bruno Latour, *Face à Gaïa *(2015)
Consacrés aux réalités et aux représentations de la mine sur le temps long et dans tous les
espaces géographiques, deux colloques sont prévus en 2027. Le premier se déroulera à Amiens du
18 au 20 mars. Le second sera organisé à Lens et Arras du 14 au 16 octobre et abordera plus
spécifiquement les mêmes thématiques sous l’angle de la colonisation. Les contributeurs sont donc
invités à faire leur choix en fonction de cette organisation.
Les mines, exploitations humaines des sous-sols, chargées d’histoire et porteuses d’enjeux
géographiques, économiques, sociaux et culturels, ont donné lieu à de multiples représentations
imaginaires et artistiques. Placées au cœur d’évolutions technologiques ininterrompues jusqu’à
l’ère numérique, elles concentrent aujourd’hui sur elles la critique de l’extractivisme. Les deux
colloques interdisciplinaires intitulés « Les entrailles de Gaïa : réalités et représentations de la
mine » proposent une exploration de ces espaces complexes, non limités aux fosses, et visent à
déconstruire les représentations souvent stéréotypées des mines en invitant une large communauté
de recherche à croiser les regards et les méthodologies. Toutes les disciplines (études littéraires,
linguistique, histoire, histoire de l’art, sociologie, ethnologie, économie, étude des énergies et des
paysages etc.) sont bienvenues pour dialoguer sur cet objet, que l’anthropocène invite plus que
jamais à reconsidérer.
À partir du début de l’ère industrielle, l’exploitation des mines de charbon (houille) a été
un facteur déterminant pour l’économie, la société, les paysages et la culture dans l’actuelle région
des Hauts-de-France. En témoignent par exemple les fosses Delloye et Arenberg, aujourd’hui
patrimonialisées, situées respectivement sur les communes de Lewarde et Wallers, entre Douai et
Valenciennes. À vol d’oiseau, elles se trouvent à moins de 50 km d’Arras et à moins de 100 km
d’Amiens. L’ambition des deux colloques est de concilier cet ancrage régional avec une extension
1géographique maximale, au-delà des frontières européennes. On sait en effet que sols, sous-sols, et
droits d’extraction façonnent des vies à travers le monde, mais y occasionnent aussi des conflits
meurtriers et « barbares », selon le terme de Fabien Lebrun. Il conviendra encore d’envisager les
ères préindustrielle et industrielle depuis l’Antiquité, dont les mythes désignent les différents âges
par des noms de métaux, jusqu’au présent le plus actuel, le déploiement à grande échelle des
technologies numériques et des technologies bas carbone de production d’électricité contribuant à
une envolée de la demande mondiale de métaux.
Depuis le XVIIIe siècle, l’idée que le règne minéral ne relève pas du vivant s’est imposée.
Les mines n’en sont pas moins des lieux de vie, comme en témoigne de manière exemplaire
l’*Encyclopédie* de Diderot et d’Alembert. Humains et animaux y produisent des efforts physiques
intenses, dans des conditions que l’on peut qualifier de défavorables d’un point de vue strictement
biologique, et d’extrêmement pénibles si l’on fait droit à la sensibilité des uns et des autres.
Rousseau s’émouvait de ce que l’on faisait subir à la nature – dont la nature humaine – au plus
profond des fosses. Les romanciers naturalistes ou encore George Orwell s’en sont faits les
témoins, et des écrivains contemporains redisent, en roman ou en autofiction, les enjeux
individuels et collectifs typiques de ces milieux. Une attention particulière pourra être portée au
travail dans la mine comme expérience de vie hors du biotope de la surface terrestre, mettant à
l’épreuve les possibilités et les limites du vivant. La vie sociale qui se construit autour des mines
proprement dites, dans les espaces dévolus à l’habitat, à la formation (écoles) et au temps non
travaillé sera elle aussi abordée.
Une autre piste d’exploration concerne le devenir des mines après la fin de leur
exploitation. On pense au cas particulier des mines de lignite allemandes, à ciel ouvert, dont les
zones considérées comme épuisées sont « renaturées » par la création de plans d’eau, qui
dissimulent les stigmates laissés dans le paysage par l’exploitation de cette ressource, dont la
combustion dans des centrales thermiques est très polluante par ses rejets massifs de CO2. Les
mines désaffectées et les équipements qui les entourent peuvent devenir des lieux de mémoire du
travail minier, dédiés à l’information du public, des lieux de production et / ou de consommation
culturelle, ou bien encore de divertissement, y compris de pratique sportive (piscines, patinoires),
et l’imaginaire de la vie souterraine continue d’enfanter. Toutes les formes de reconversion,
porteuses ou non d’enjeux patrimoniaux et touristiques, pourront être étudiées.
La critique de l’extractivisme, qui en dénonce les effets délétères sur l’environnement et le
climat et défend les droits des peuples autochtones contre l’accaparement néo-colonialiste des
ressources du sous-sol, sera intégrée au champ des investigations. Si l’Union Internationale des
Sciences Géologiques a rejeté en 2024 l’inscription de l’anthropocène comme unité formelle dans
l’échelle des temps géologiques, le lien de cause à effet entre utilisation massive des énergies
fossiles – dont le charbon extrait des mines – et réchauffement climatique semble quant à lui faire
consensus dans la communauté scientifique. On s’intéressera donc aux relations complexes entre
recherche scientifique, militantisme écologique et (in)action politique, et au miroir que leur
tendent les médias et les productions culturelles.
Enfin, la quête de minerais dits stratégiques a largement participé aux processus de
conquête et de colonisation à travers le temps et l’espace : recherche de l’or, du cuivre et de
l’argent, de la potasse et de la cryolithe, des métaux rares ou de l’uranium par exemple. Là encore,
l’exploitation minière a pu susciter des représentations propres aux espaces colonisés : images
produites par les acteurs coloniaux comme par les acteurs locaux, à des fins publicitaires,
2techniques, touristiques ou encore politiques. Le second colloque sera particulièrement centré sur
cette question, qui se situe au croisement des études coloniales et post-coloniales et engage la
construction d’une mémoire partagée.
*Axes de réflexion proposés*
1. *Nature des métaux, minerais, minéraux*, pierres et sources d’énergie extraits 2. *Arts et techniques de l’extraction* : histoire, innovations, réussites et échecs 3. *Vécu humain dans et autour des mines* : individus, communautés, mondialisation 4. *Paysages, animaux et environnements miniers* à travers l’histoire et l’anthropocène 5. *Imaginaires et langages des mines* : littérature, arts, cinéma, musique, jeux, oralité
*Comité scientifique*
• Tina Asmussen, professeure junior à la Ruhr-Universität Bochum et directrice de recherche au
Deutsches Bergbau-Museum Bochum (Allemagne)
• Yves Bouvier, Professeur d’histoire contemporaine, Université de Rouen
• Mirhan Damir, Lecturer, Faculty of Fine Arts, Alexandria University (Égypte)
• Arnaud Huftier, professeur à l’Université Polytechnique Hauts de France
• Leonor A. Plácido de Medeiros, Assistant Professor, Faculdade de Ciências Sociais e
Humanas, Universidade NOVA de Lisboa (Portugal)
• Virginie Malolepszy, directrice des archives au Centre Historique Minier de Lewarde
• Marie-Françoise Montaubin, professeure à l’Université de Picardie Jules Verne
• Massimo Preite, professeur émérite à l’Université de Florence (Italie)