AAC | Remmm – La fabrique intellectuelle de l’islam contemporain. Une histoire sociale par l’acteur | Limite : 01/09/2026

APPEL à contribution de la REMMM Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée [ https://journals.openedition.org/remmm/24587 | La fabrique intellectuelle de l’islam contemporain. Une histoire sociale par l’acteur ]

Projet dirigé par Samir Abdelli, Samia Kotele, Sophia Mouttalib
[ https://journals.openedition.org/remmm/24587#tocfrom1n1 | Argumentaire ]
Partant du double constat d’une histoire souvent abordée par ses « grandes figures » et d’une attention souvent marginale portée aux conditions sociales de la production intellectuelle (Hamzah, 2013 : 3), ce dossier choisit de placer la focale non pas sur l’étude d’un groupe (Zeghal, 2008 ; Courreye, 2020) ou d’un courant idéologique particulier – qu’il soit réformiste, moderniste ou conservateur (Zaman, 2002 ; Filaly-Ansari, 2003 ; Hatina, 2020) – mais sur une échelle d’analyse différente : celle de l’acteur. À rebours d’une conception individualiste, cette approche s’inspire de différents travaux de l’histoire intellectuelle ayant contribué au renouvellement de l’analyse du fil biographique (Dosse, 2005 ; Loriga, 2010) en l’ appr éhendant comme une é chelle où l’acteur, considéré comme un nœud de relations, de positions et de pratiques, est inscrit dans des configurations sociales, institutionnelles et intellectuelles. En plus de documenter un parcours individuel et d’en analyser la production, l’histoire par l’acteur permet de restituer les espaces sociaux qui traversent l’individu et le construisent, et d’en comprendre les configurations et fonctionnements : elle consiste moins en l’analyse d’un récit de vie que des ressources mobilisées, des contraintes rencontrées et des rôles sociaux endossés par un individu, que l’échelle de sa vie rév è le (McDougall, 2002 ; Dupont, 2006 ; Hamzah, 2012 ; Loyer, 2015 ; Charle, 2024 ; Khalil, Raymond, 2024). L’histoire par l’acteur permet ainsi d’ appr éhender la complexité des trajectoires individuelles, façonnées par des environnements, des sociabilités, des bifurcations et des (dis)continuité s (Reichmuth, 2009 ; Šabasevičiūtė, 2020 ; Türesay, 2023 ; Dot-Pouillard, 2024). Cette focale illustre aussi le fait que ces acteurs des espaces intellectuels peuvent circuler entre diffé rentes étiquettes, voire les redéfinissent au gré de leurs engagements. La perspective adoptée est donc résolument socio-historique : elle vise à comprendre comment les acteurs de la vie intellectuelle de l’islam se situent dans – et sont déterminés par – les cadres sociaux, institutionnels et politiques de leur époque, tout en contribuant à les transformer. Ce travail prolonge des travaux engagés dans une histoire sociale des champs intellectuels contemporains, notamment au Levant (Mervin, 2000 ; Dupont, Mayeur-Jaouen, 2002 ; Dakhli, 2009 ; Ryad, 2009 ; Pierret, 2011 ; Hamzah, 2013 ; Khalil, Raymond, 2024) ou au Maghreb (Courreye, 2020 ; Jomier, 2020 ; Mervin, Jomier, 2023). Il entend d’une part, dépasser une approche strictement aréale afin de mettre en perspective une diversité de configurations régionales et nationales et, d’autre part, se déprendre d’un « récit maître arabo-centrique » (Mayeur-Jaouen, 2018). En complément d’une histoire de la sph è re publique (Roussillon, 2005 ; Hamzah, 2013 ; Hatina, 2020), le présent dossier invite à consid érer le rôle de la sph è re privée et la vie intime dans la construction individuelle des acteurs. Cette perspective appelle à interroger le caract è re op ératoire du concept d’ agency (Gallot, 2021 ; Giomi, Lett, Steinberg, 2025), le r ôle des institutions et les effets des mobilités sociales, religieuses et politiques dans cette fabrique intellectuelle.
Ce dossier aspire donc à prendre en considération la sociologie du champ intellectuel de l’islam contemporain, en reconnectant les œuvres et discours produits à l’histoire sociale (Zaman, 2012 ; Hamzah, 2013 ; Hannsen, Weiss, 2016, 2018 ; Jomier, Warscheid, 2018 ; Courreye, 2020 ; Jomier, Mervin, 2023 ; Souanef, 2024). L’individu représente alors un point d’ entr ée privilégié pour l’étude de trois générations d’acteurs de la fabrique intellectuelle entre les années 1910 et 1980 (Sirinelli, 1988 ; Zeghal, 2008). La chute de l’ Empire ottoman et l ’abolition du califat conduisent à repenser les mani è res de faire communauté politique (Dupont, Mayeur-Jaouen, 2002), tandis que se consolident les luttes nationalistes en réaction à une colonisation et un impérialisme pluriforme. La naissance d’États-nations indépendants suscite ainsi des débats sur l’organisation politique, la place du religieux et le rôle des intellectuels dans ces nouvelles structures (Siino, 2003). En outre, les conflits majeurs de la période (guerres de 1948-1949 et 1967, guerre froide, guerres d’indépendance, révolution iranienne et guerre soviéto-afghane) donnent à voir l’émergence et la circulation de syst è mes de référence idéologiques – socialisme, panarabisme, panislamisme, non‑alignement – qui impr è gnent les parcours mobiles et les réflexions des intellectuels contemporains (Elshakry, 2013 ; El Shakry, 2017 ; Sarmis, 2019).
Consulter l’appel complet [ https://journals.openedition.org/remmm/24587 | https://journals.openedition.org/remmm/24587 ] .
Cet appel à contribution est également rédigé en langue anglaise : [ https://journals.openedition.org/remmm/24594 | https://journals.openedition.org/remmm/24594 ]
[ https://journals.openedition.org/remmm/24587#tocfrom1n5 | Calendrier ]
Les propositions d’article (4 000 signes maximum), accompagnées d’une courte notice biographique, sont à envoyer avant le 1 er septembre 2026 à Abdelli Samir < [ mailto:samir.abdelli@ehess.fr | samir.abdelli@ehess.fr ] >, Samia Kotele < [ mailto:kotelesamia@gmail.com | kotelesamia@gmail.com ] >, Sophia Mouttalib < [ mailto:sophia.mouttalib@gmail.com | sophia.mouttalib@gmail.com ] .
Les auteurs seront contactés avant la fin du mois suivant. Les articles, rédigés en français ou en anglais, d’un volume maximal de 50 000 signes, devront être soumis au plus tard le 1 er mars 2027 .
Pour plus d’informations concernant les normes de rédaction de la revue et le processus éditorial, voir ici : [ https://journals.openedition.org/remmm/3004 | https://journals.openedition.org/remmm/3004 ] .

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Call for papers REMMM [ https://journals.openedition.org/remmm/24594 | The Intellectual Making of Contemporary Islam: An Actor‑Centred Social History ]
A thematic issue led by Samir Abdelli, Samia Kotele, Sophia Mouttalib
As “elusive object[s]” (Dakhli, 2009: 9), intellectuals are distinguished by their education in institutions that emerged from 19th-century reforms and differ from traditional religious structures (Farag, 1991; Mervin, 2000; Zeghal, 2008; Roussillon, 2005). They are also defined by their active involvement in the social, ideological, and political struggles of their time within the emerging public sphere (Hamzah, 2013; Hatina, 2020), as well as by their role as “educator[s] of society and producer[s] of values” (Dupont, 2006; Mulia, 2007). Their thinking develops within new interpretive frameworks, arenas of debate and channels of dissemination that propose innovative readings of political and social structures in response to modern challenges, without excluding the mobilisation of the religious framework or the doctrinal heritage of Islam ( turā ṯ) (Mervin, 2000; Al-Charif, Mervin, 2006; Hamzah, 2008; Zeghal, 2008). Distinguishing itself from, and at times challenging or rivalling, the domain of religious knowledge (ʿ ilm ), which is traditionally associated with the ʿ ulamā ʾ and the preservation of the turā ṯ, the emerging field of thought ( fikr ) is marked by circulation and exchange. Although these two fields are often seen as opposed, several social history works have highlighted the permeable nature of their boundaries and even the inoperability of this dichotomy (Haddab, 1997; Leperlier, 2015: 280–283; Courreye, 2020: 20–26). This porosity can be seen in biographical trajectories and is partly explained by the religious training of certain intellectuals in traditional institutions (Dupont, 2007; Hartung, 2013), their family ties (Mayeur-Jaouen, Papas, 2013; Courreye, 2019), and the reconfiguration of professional fields and the evolving roles of learned elites in the public sphere (Hamzah, 2006, 2013; Jomier, 2020).
This special issue takes a different approach to the study of intellectual history. Rather than focusing on a group (Zeghal, 2008; Courreye, 2020) or a particular ideological trend, such as reformism, modernism, or conservatism (Zaman, 2002; Filaly-Ansari, 2003; Hatina, 2020), it adopts another scale of analysis: the actor. Unlike an individualistic approach, this method is based on various intellectual history studies that have re-evaluated biographical narratives (Dosse, 2005; Loriga, 2010) by viewing them as a level at which the actor – understood as a node of relationships, positions and practices – is embedded within social, institutional and intellectual structures. Rather than merely documenting an individual’s life story and analysing their works, an actor-centred approach reconstructs the social spaces that shape individuals and the configurations in which they operate. This approach focuses less on the analysis of life stories per se, and more on the resources mobilised, constraints encountered, and social roles assumed by individuals, as revealed at the scale of their lives (McDougall, 2002; Dupont, 2006; Hamzah, 2012; Loyer, 2015; Charle, 2024; Khalil, Raymond, 2024). Thus, an actor-centred history offers a means of understanding the complexity of individual trajectories, which are shaped by environments, sociabilities, turning points, and (dis)continuities (Reichmuth, 2009; Šabasevičiūtė, 2020; Türesay, 2023; Dot-Pouillard, 2024). It also shows how actors in intellectual spheres can transition between different labels and even redefine them in accordance with their commitments.
[ https://journals.openedition.org/remmm/24594#tocfrom1n5 | Submission Timeline ]
Proposals must be submitted by September 1, 2026 . They should include a text of 4,000 characters maximum and a short biographical note. Proposals should be sent to Abdelli Samir < [ mailto:samir.abdelli@ehess.fr | samir.abdelli@ehess.fr ] >, Samia Kotele < [ mailto:kotelesamia@gmail.com | kotelesamia@gmail.com ] >, Sophia Mouttalib < [ mailto:sophia.mouttalib@gmail.com | sophia.mouttalib@gmail.com ] .

Authors will be contacted by the end of the following month. Articles, written in French or English, must be submitted no later than March 1, 2027 and not exceed 50,000 characters.
Detailed information regarding formatting guidelines and the editorial process can be found at [ https://journals.openedition.org/remmm/3004 | https://journals.openedition.org/remmm/3004 ] .
Samir Abdelli Doctorant en histoire contemporaine EHESS – École des hautes études en sciences sociales CETOBaC | UMR8032 – Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques ANR ISLAMSOC | Socialisations islamiques [ https://cetobac.ehess.fr/membres/samir-abdelli | cetobac_membre ] | [ https://islamsoc.tilda.ws/page43185221.html | islamsoc.tilda ]