AAC Contrôler la mobilité des « indésirables » aux frontières (1870-1923)

Bonjour,
Vous trouverez-ci dessous l’appel à communication pour une Journée d’études qui aura lieu le 9 juin 2026 à l’Université Paris Cité :
« Contrôler la mobilité des « indésirables » aux frontières (1870-1923): de la poudre aux papiers, en passant par les personnes »
Date limite pour les propositions : 9 février 2026.
You will find below the call for a Study Day at Université Paris Cité, 9 June 2026 :
« Powder, People, Papers: Policing the Mobility of ‘Undesirables’ (1870-1923) »
Proposals are due by 9 February, 2026
Bien cordialement / Kind regards, Sophie Coeuré
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Journée d’études 9 juin 2026 Contrôler la mobilité des « indésirables » aux frontières (1870-1923): de la poudre aux papiers, en passant par les personnes Lieu: Université Paris Cité À travers le monde cette dernière décennie, le contrôle des frontières a été exercé avec une brutalité crue. Cette re-frontiérisation ajoute à la tragédie des parcours de celles et ceux qui ont été obligé.es de fuir la persécution et de chercher refuge ailleurs. Désormais objet d’un champ en plein essor, les Border Studies, les frontières sont indissociables de l’expérience migratoire contemporaine et font l’objet de nombreux travaux et projets de recherche. Qu’ont à dire les historien.nes de la migration forcée, de la persécution et de la surveillance sur le contrôle aux frontières alors que l’objet est en plein renouveau épistémologique, notamment chez les sociologues, les anthropologues et les géographes ? Comment peuvent-ils contribuer à un discours interdisciplinaire sur les « frontières » ? Cette journée d’étude porte sur les processus de contrôle aux frontières et les expériences qui leur sont associées sur la période 1870-1923. Elle entend faciliter les conversations entre les disciplines et les champs d’études – Border Studies, Refugee Studies, Mobility and Surveillance Studies – dans un esprit de dialogue entre spécialistes de la période et du plus contemporain. La période retenue (1870-1923) fut marquée par l’explosion des tensions géopolitiques et identitaires, cristallisées par les frontières qui se redessinent,, et les nouvelles modalités de contrôle, sur fond de nationalisme et d’impérialisme exacerbés, mais aussi d’un internationalisme juridique naissant. En outre, la mondialisation des transports et des communications intensifiait les flux de biens et de personnes, volontaires ou non. En adoptant une approche transnationale et transimpériale, les organisateur.ices de la journée d’étude invitent des propositions sur la manière dont des espaces longtemps considérés comme fragmentés et cloisonnés (par exemple l’Europe centrale et balkanique, le Moyen-Orient, le Caucase, la Méditerranée, etc.) furent reliés au reste du monde, et parfois à des puissances métropolitaines souveraines géographiquement éloignées, par le contrôle des frontières ainsi que les migrations forcées de populations et de biens. Capitalisant sur l’apport des Border Studies, les organisateur.ices encouragent les participant.es à considérer les frontières dans leur diversité, et dans l’incidence politique, sociale, juridique, économique intime que cette diversité impose, dans leur traversée, aux « sujets » (personnes ou choses) jugé.es « indésirables », que ce soit par un ou plusieurs États. On pourra ainsi s’intéresser aux situations de frontières et aux expériences de passages de frontières par : les personnes cherchant refuge et protection (pour fuir à la persécution, poursuivre la dissidence politique, échapper à la justice d’un pays, etc.) ; par des humanitaires remettant en question les normes dans leurs opérations de sauvetage. On pourra encore envisager des études sur la circulation de « choses » et d’idées considérées comme clandestines, illicites ou séditieuses. Tandis que la ligne-frontière inter-étatique semble s’imposer comme point de passage évident entre deux juridictions, les organisateur.ices souhaiteraient porter une attention particulière : à leur physicalité et leur épaisseur (en abordant les effets d’espaces transfrontaliers, notamment en zone côtière ou montagneuse) ; à leurs lignes souvent mouvantes (dans le cas de frontières contestées, ou de lignes tracées par les bateaux de sauvetage étrangers) ou évanescentes (« frontières fantômes » dues à la décomposition des empires et la recomposition des États-nations) ; ou bien encore aux espaces interstitiels que peuvent être ambassades et lieux sous juridiction étrangère (les églises par exemple) ; ou encore aux camps. Inspiré.es par le point de vue de Michel Agier dans La Condition cosmopolite (2013, p. 6; Borderlands, 2016, p. 7) selon lequel « De [la frontière], le regard sur le monde change », les organisateur.ices invitent les participant.es à adopter une perspective englobante de la diversité des expériences des frontières, en tentant de mettre en regard ce que prescrit l’État (top down) et ce que vivent les acteur.ices à la frontière (from below), quel que soit leur statut (agents de contrôle, personnes ou choses en mouvement, passeur.ses, etc.). Nous acceptons les propositions en anglais ou en français de chercheur.ses à tous les stades de leur carrière. Les propositions pourront notamment porter sur les thématiques suivantes sans s’y limiter : ● Les espaces frontières comme espaces paradoxaux (violence/refuge) ● Franchissement de frontières et reconfigurations (politiques, juridiques, sémantiques, intimes) ● Contrôle aux frontières & technologie; contrôle aux frontières et santé; espaces liminaires ● Situations de négociations aux frontières ● Tensions frontalières inter-étatiques sur les définitions de l’indésirabilité ; coopération inter-étatique/transimpériale ; dynamiques régionales; dynamiques intra-impériales et transcoloniales ● Situations de l’entre-deux et souverainetés incertaines ● Emotions aux frontières ● Expériences de frontières et objets (ou « non lieux de l’exil », selon Alexandra Galitzine-Loumpet) ● Genre et tactiques du franchissement des frontières, dans le cadre des migrations forcées et des oppressions/surveillances politiques. Les propositions seront adressées pour le 9 février 2026 au plus tard à l’adresse mèl suivante: policingmobility@gmail.com. Membres du comité organisateur : · Sophie Coeuré, Université Paris Cité, ECHELLES (CNRS-UMR 8264) · Zeynep Gursel (Rutgers University) · John-Erik Hansson, Université Paris Cité, ECHELLES (CNRS-UMR 8264) · Thomas Jones (University of Buckingham) · Stéphanie Prévost, Université Paris Cité, ECHELLES (CNRS-UMR 8264)/IUF
Membres du comité scientifique : · Michel Agier (EHESS) · Constance Bantman (University of Surrey) · Sophie Coeuré (Université Paris Cité) · Delphine Diaz (Université de Reims-Champagne Ardenne/IUF) · Laurent Dornel (Université de Pau et des Pays de l’Adour) · Zeynep Gursel (Rutgers University) · John-Erik Hansson, Université Paris Cité, ECHELLES (CNRS-UMR 8264) · Thomas Jones (University of Buckingham) · Renaud Morieux (University of Cambridge) · Stéphanie Prévost, Université Paris Cité, ECHELLES (CNRS-UMR 8264)/IUF · Joseph Viscomi (Birkbeck, University of London) Avec le soutien financier de l’Institut universitaire de France & du projet « AnarchInt » (financé par l’ANR-18-IDEX-0001), ECHELLES UMR 8264
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Study Day_ 9 June, 2026
Powder, People, Papers: Policing the Mobility of ‘Undesirables’ (1870-1923)
Venue: Université Paris Cité
The policing of borders has been undertaken with stark brutality worldwide in the past decade. This re-bordering has exacerbated the tragic experience of those who have been forced to flee persecution and seek refuge abroad. Now the subject of a rapidly growing field (Border Studies), borders are inseparable from contemporary migratory experience (whether of goods, people, documents, or ideas) and are the focus of numerous studies and research projects. What do historians, especially historians of forced migration, persecution or surveillance, have to say about border control at a time when the subject is undergoing a thriving epistemological revitalization, notably in sociology, anthropology and geography? How can they contribute to this interdisciplinary dialogue on ‘borders’?
This study day aims to facilitate conversations across borders. Specifically, we hope to bring together various fields – Border Studies, Refugee Studies, Mobility and Surveillance Studies – in order to investigate border control processes and experiences during the period (1870–1923) and to facilitate meaningful conversations with those studying the present. The period in question (1870-1923) was a time when new and newly enforced borders crystallized geopolitical and identity-based tensions against the backdrop of heightened nationalism, high imperialism and nascent legal internationalism. Globalized transport and communication networks intensified flows of goods and people, voluntarily or not. In adopting a transnational/ transimperial approach, organisers invite new interdisciplinary perspectives on how spaces long thought of as fractured and siloed in that period (like Central and Balkan Europe, the Middle East, the Caucasus, the Mediterranean, etc.) were connected by border control, peoples and things enduring forced migration, to other parts of the world and sometimes distant sovereign metropolitan powers.
Building on the input of Border Studies, organisers invite participants to consider borders in their diversity, and how this diversity has a personal, political, social, legal and economic impact on people and ‘things’ crossing borders, while being deemed ‘undesirable’ by one or several polities. We embrace a capacious approach to border studies that includes research on people seeking refuge and protection whatever their reason (persecution, political dissidence, crime, etc.); or humanitarians challenging norms in their rescue operations; or the circulation of ‘things’ and ideas deemed clandestine, illicit, or seditious. Indeed, while the interstate marked border is the obvious point of passage from one state jurisdiction to the next, borders should also be considered for their blurriness and the in-betweenness they create, through: their physicality and thickness (effects of borderlands, especially in coastal or mountainous areas), their often-shifting lines (such as those traced by moving rescue ships under foreign battalions, or contested borders) or elusive forms (‘ghost borders’ resulting from the breakup of empires and the reformation of nation-states), as well as in marginal interstitial spaces such as foreign embassies, churches, camps, etc. Taking onboard the statement by French anthropologist Michel Agier in La Condition cosmopolite (2013; Borderlands, 2016) that ‘seen from the border, the world also looks different’, organisers would like to advance an encompassing view of border experiences by attempting to think together what states prescribe (top-down) with what individuals, groups, things actually experience on the border (from below), whatever their capacity (surveillance actors, people or things on the move, smugglers, etc.).
We welcome proposals (in English or French) from researchers at any career stage. Topics may include (but are not limited to): ● Borderlands as paradoxes (shatterzones, but offering liminal refuge) ● Border crossing as political, legal, semantic reconfiguration/ relabelling ● Border control institutions/spaces and technology; places of transit & containment; border control and health regulations ● Border negotiation ● Border tensions between states over definitions of ‘undesirability’; or cooperation between States /Empires; transregional dynamics; intra-imperial and transcolonial dynamics ● Border experiences and situations of uncertain sovereignties ● Border experiences and emotions ● Border experiences and objects (‘non-places of exile’ in the words of Alexandra Galitzine-Loumpet) ● Border crossing strategies against hampered mobility in the case of forced migration, political persecution/surveillance: especially for individuals usually cast as ‘frail’ like women or children
Proposals are due by 9 February, 2026 by email to: policingmobility@gmail.com.
Organising Committee: · Sophie Coeuré, Université Paris Cité, ECHELLES (CNRS-UMR 8264) · Zeynep Gursel (Rutgers University) · John-Erik Hansson, Université Paris Cité, ECHELLES (CNRS-UMR 8264) · Thomas Jones (University of Buckingham) · Stéphanie Prévost, Université Paris Cité, ECHELLES (CNRS-UMR 8264)/IUF Membres du comité scientifique : · Michel Agier (EHESS) · Constance Bantman (University of Surrey) · Sophie Coeuré (Université Paris Cité) · Delphine Diaz (Université de Reims-Champagne Ardenne/IUF) · Laurent Dornel (Université de Pau et des Pays de l’Adour) · Zeynep Gursel (Rutgers University) · John-Erik Hansson, Université Paris Cité, ECHELLES (CNRS-UMR 8264) · Thomas Jones (University of Buckingham) · Renaud Morieux (University of Cambridge) · Stéphanie Prévost, Université Paris Cité, ECHELLES (CNRS-UMR 8264)/IUF · Joseph Viscomi (Birkbeck, University of London)
Sponsors: Institut universitaire de France, AnarchInt Project (funded via ANR- 18-IDEX-0001), ECHELLES UMR 8264 ****