Appel à contributions – Dossier « Mémoires du Capitalisme »
Celeste Muñoz (Département d’Histoire Contemporaine, UNED, Espagne) et moi-même, Caroline Silveira Bauer (Département d’Histoire, UFRGS, Brésil), sommes responsables du dossier « Mémoires du Capitalisme », qui sera publié par la Revista Tempo (UFF) au premier semestre 2027.
Le projet « Mémoires du Capitalisme » est développé par le Laboratoire d’Études sur les Usages Politiques du Passé (Luppa) (UFRGS/Brésil), en partenariat avec l’European Observatory on Memories (EUROM) (UB/Espagne).
Le projet considère que les transformations culturelles, économiques, politiques et sociales vécues au XXe siècle, associées aux épisodes d’autoritarisme et de violence, ont profondément modifié les relations établies avec le passé et avec le temps, exigeant de nouvelles approches des notions de mémoire, d’oubli et de temporalité. D’un côté, la mémoire est devenue un impératif, générant des situations d’abus et de saturations ; de l’autre, le passage du temps semble s’être figé face à un présent à la fois étendu et fragmenté en instants successifs. Dans ce contexte, une disparité discursive et représentative concernant la composante idéologique et politique devient évidente : alors que les mémoires et les victimes des expériences communistes sont largement reconnues, il existe un vide concernant la reconnaissance des mémoires et des victimes du capitalisme.
Pour réfléchir aux conditions de production des mémoires du capitalisme et à la désignation de ses victimes, le projet part d’une conception large du capitalisme comme une rationalité qui s’étend à toutes les dimensions de la vie, impactant la relation avec le passé et avec le temps. Le projet se divise en différentes thématiques. Les hypothèses qui fondent cette recherche considèrent que les tendances du capitalisme telles que l’abstraction, l’accélération, l’aliénation et la naturalisation favorisent son invisibilisation en tant que système générateur d’inégalités, de hiérarchies et de violations des droits humains. Ces mêmes tendances contribuent à une déstemporalisation du système, ce qui se traduit par une mémoire du capitalisme qui se manifeste tantôt comme une absence, une occultation ou un silence, tantôt de manière explicite, bien que non correctement énoncée, inscrite ou reconnue.
Nous invitons toutes et tous à soumettre leurs réflexions en suivant les indications thématiques de l’appel à contributions, consultable en différentes langues à l’adresse suivante : www.ufrgs.br/memok/papers/
La date limite de soumission est le 30 avril 2026.
Cordialement,
Caroline Silveira Bauer
Departamento de História
Universidade Federal do Rio Grande do Sul
<professor.ufrgs.br/carolinesilveirabauer/> professor.ufrgs.br/carolinesilveirabauer/

