REAF2026 Appel à communication « De l’école à l’histoire de l’art : une discipline à l’œuvre (XXe siècle) »
Dans le cadre de la 9e édition des Rencontres des Études Africaines en France <reaf2026.sciencesconf.org/>, qui se tiendront à Aubervilliers (Campus Condorcet) du 29 juin au 2 juillet 2026, nous vous adressons ci-dessous l’appel à participation à l’atelier que nous co-organisons.
Nous vous remercions de nous adresser vos propositions *(500 mots maximum)* accompagnées d’une brève présentation (nom, affiliation, intérêts de recherche) d’ici le *mercredi 05 novembre*. N’hésitez pas à relayer l’appel dans vos réseaux et auprès de vos connaissances.
Au plaisir de vous lire,
Lola Mirti, IMAF-EHESS, lola.mirti@ehess.fr Pauline Monginot, Université Rennes 2-HCA, pauline.monginot@univ-rennes2.fr
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*Titre : De l’école à l’histoire de l’art : une discipline à l’œuvre (XXe siècle)*
Cet atelier propose de penser l’histoire de l’art de et en Afrique au sein d’une réflexion collective qui l’envisage tant dans son historicité que dans ses dispositifs actuels. Le fait d’enseigner et de discourir sur l’art, comme pratique individuelle ou collective, dans un cadre universitaire ou indépendant, s’est inscrit sur le continent africain selon des logiques propres à chaque situation coloniale. Dans certains cas, les colonisateurs ont importé directement de la métropole vers la colonie le modèle de l’école des beaux-arts (Algérie, Madagascar), reproduisant à l’identique les logiques d’enseignement de l’art. Dans d’autres cas, des figures blanches ont développé des écoles embrassant des pédagogies censées « préserver » l’authenticité des scènes locales (Congo Brazzaville, Nigéria). Enfin, plus rarement, les élites locales se sont appropriées les curriculum européens (Éthiopie). Aucun de ces modèles n’a toutefois su effacer l’existence de pratiques et/ou de mémoires artistiques déjà présentes, même si ignorées ou marginalisées par les colonisateurs. Travailler sur les écoles d’art tout au long du XXe siècle invite à considérer les discours produits autour des gestes de création en Afrique. Il a récemment été montré que l’enseignement de l’art avait été réinvesti hors de, voire contre toute relation de type colonial ou postcolonial (Kąrî’Kạchä seid’ou, Koyo Kouoh…). Aujourd’hui, les universitaires ne sont plus les seuls acteurs de l’histoire de l’art : curateurs, artistes, critiques d’art questionnent à leur tour l’hégémonie d’une discipline pensée depuis l’Europe, toujours active sur le continent (RAW Académie au Sénégal, BlaxtarLines au Ghana…). Leurs récits participent à ouvrir les imaginaires et à repositionner l’histoire de l’art au cœur des pratiques artistiques. A mesure qu’ils s’écrivent, les récits sur les arts de l’Afrique deviennent des objets de productions contemporaines voire des dynamiques potentielles pour une réflexion patrimoniale. C’est donc les contours de la discipline qu’il s’agira d’interroger dans cet atelier, en portant une attention particulière à son enseignement et à son historiographie plurielle. Nous aimerions également observer les effets de retour des productions académiques sur la construction des mondes de l’art sur le continent, et inversement. Aussi, nous semble-t-il important d’encourager les dialogues entre universitaires et professionnels. Les candidatures en binôme sont donc vivement souhaitées.
Proposition de Coline Desportes, Margaux Lavernhe, Lola Mirti, Pauline Monginot et Aline Pighin.

