JE – Les relations de travail à l’épreuve du signalement – 12/05/2025 – Lyon
Nous avons le plaisir de vous communiquer le programme de la journée d’étude « « Je suis peinée de dénoncer une de mes compagnes » : les relations de travail à l’épreuve du signalement, XIXe-XXIe siècles », qui se tiendra à Lyon le lundi 12 mai 2025 à la MSH, 14 avenue Berthelot, salle Bollier :
« Je suis peinée de dénoncer une de mes compagnes »[1] Les relations de travail à l’épreuve du signalement, XIXe-XXIe siècles. 12 mai 2025. Lyon, MSH, Salle Bollier. Dans l’espace du travail, salarié ou non, chacun·e est aujourd’hui fréquemment incité·e à signaler un autre individu pour le danger qu’il représente pour la collectivité ou pour lui-même. Signaler – qu’il s’agisse de faire connaître une situation de harcèlement ou de burn out, une conduite suicidaire ou encore une faute professionnelle –, est devenu une démarche sinon banale du moins facilitée par l’existence de politiques de prévention des risques au travail, d’interlocuteur·rices identifiables auxquel•les s’adresser (notamment les assistant·es santé et sécurité au travail), et de procédures imposées nationalement par des dispositions juridiques. Dans différents secteurs d’activité, le mouvement #Metoo a notamment contribué à rendre visible/amplifier ce phénomène. Si elle semble relativement récente, cette généralisation du signalement en contexte professionnel n’en a pas moins une histoire. Comment ces pratiques se sont-elles imposées dans la sphère du travail ? Selon quelles modalités spécifiques est-il devenu possible de signaler des collègues dont le comportement est jugé inapproprié, litigieux ou « à risque » ? Pour répondre à ces questions, cette journée d’étude s’intéresse aux mots, aux outils et aux acteur·ices du signalement dans le contexte du travail, entendu au sens large (salarié, bénévole, militant). Rapports, fiches, lettres de délation, registres : comment signale-t-on et dans quels termes ? À qui adresse-t-on les signalements et pourquoi choisit-on tel·le interlocteur·rice plutôt qu’un·e autre (syndicalistes, inspecteur·rices du travail, surveillant·es d’usine, médecine du travail, prud’hommes…) ? Quelle est la place du signalement dans la division morale du travail ? Enfin, quelles sont les conséquences du signalement sur les relations entre collègues, les carrières des signalant•es comme des signalé•es et la vie du service, de l’entreprise, de l’association ou encore du syndicat dans lequel le signalement a été lancé ?
10h-10h15. Introduction
Les tensions morales autour du signalement au travail (discutante : Anaïs Albert, ICT-Paris-Cité) Comment peut-on analyser les tensions morales qui président ou accompagnent une procédure de signalement ? Quelles sont les émotions qui sont formulées en amont, au moment ou en aval du signalement ? Quelles sont les traces des tensions qui restent ensuite dans les relations de travail ?
10h15-10h35. Jeanne Sire (CHS, Paris I Panthéon-Sorbonne), « Témoigner dans le cadre d’un conseil disciplinaire de l’Assistance Publique de Paris (1954-1966) : défendre ou dénoncer ? »
10h45-11h05. Louise Bur Palmieri (CHS, Paris I Panthéon-Sorbonne), Dénoncer sa camarade. Le signalement comme marqueur de définition d’un idéal militant féminin au sein du mouvement communiste français de l’entre-deux-guerres.
11h15-11h35. Clémence Pillot et Emilie Hennequin (PRISM, Paris I Panthéon-Sorbonne), « Les lanceurs d’alerte sont ceux qui sont incapables d’être en porte à faux avec leur personnalité et leurs valeurs ». Qui voit, entend et parle en entreprise ?
Jusqu’à 12h. Discussion générale 12h00-13h30. Pause
Le signalement au travail : un instrument de négociation avec la hiérarchie (discutante : Marianne Thivend, Cerlis Paris-Cité) Comment des procédures de contrôle au travail deviennent-elles des moyens pour négocier, critiquer, voire remettre en cause les conditions de travail ? Le signalement peut-il être un levier dans la discussion avec la hiérarchie ? Dans quelle mesure ces négociations sont-elles prises en compte ?
13h30-13h50. Clyde Plumauzille (CMH, CNRS), Signaler sa contamination syphilitique : les déclarations et demandes d’indemnisation des nourrices de l’Assistance publique lyonnaise (1882-1901)
14h00-14h20. Ugo Loutskevitch (CHS, Paris I Panthéon-Sorbonne), « Il y a là une hérésie qui doit disparaître » : le signalement ou son absence comme objets et terrains d’affrontements entre ouvriers, patrons et contrôleurs de la main-d’oeuvre en plein conflit mondial (France, 1914-1919)
14h30-14h50. Juliette Ronsin (Mucem – CETOBaC- EHESS), « C’était un jeune homme gentil et aimable mais il ne connaissait rien au métier de boulanger » : le signalement au travail des ouvrier.ères yougoslaves au prisme des contrats courts, années 1960-1970
15h00-15h30. Discussion générale
15h30-16h. Pause
L’efficacité des procédures de signalement en question (discutante : Lola Zappi – CHS, Paris 1) Que peut-on dire de l’efficacité des procédures quand les faits signalés sont répréhensibles par le droit ? Quels sont les « grains de sable » qui ralentissent ou bloquent les processus de signalement ?
16h00-16h20. Cécile Boss (erHise, Université de Genève), Signaler les violences sexistes et sexuelles ? Le cas du Comité contre le harcèlement sexuel à Genève (1987-2013)
16h30-16h50. Hélène Jeannin (Orange Innovation/XDLab/SENSE), Signaler en contexte syndical, quelle différence?
17h-17h20. Manon Torres (CEET-Cnam / Dares), Une absence de signalement ? Syndicats et directions face au racisme au travail.
17h30-18h. Discussion générale
Cette journée d’étude est organisée à Lyon (à la MSH Lyon St-Etienne, 14 avenue Berthelot – 69007 Lyon ) par Marie Derrien (IRHiS, Université de Lille, IUF), Zoé Poli (LARHRA, Lyon 2) et Mathilde Rossigneux-Méheust (LARHRA, Lyon 2, IUF)
Bien cordialement,
Marie Derrien, Zoé Poli et Mathilde Rossigneux-Méheust
________________________________
[1] Archives municipales de Lyon 524W – extrait d’une lettre tirée du dossier de carrière d’une employée du Bureau d’hygiène, 1949.

