Soutenance d’habilitation à diriger des recherches – 13 décembre

Chères et chers collègues,

J’ai le plaisir de vous annoncer la soutenance de mon habilitation à diriger des recherches, le* vendredi 13 décembre 2024 à 14 heures*, à l’Université Paris-Nanterre.

Elle se tiendra devant un jury composé de Mme Sylvie Aprile (Université Paris-Nanterre, garante), M. Bruno Cabanes (The Ohio State University, rapporteur), M. Yves Denéchère (Université d’Angers), Mme Irène Herrmann (Université de Genève), M. Ivan Jablonka (Université Sorbonne Paris-Nord, rapporteur), Mme Manon Pignot (Université Jules Verne Picardie) et Mme Camille Schmoll (EHESS).

Le dossier, intitulé *« Exils, exodes : des figures oubliées. Europe, 1820-1920 »*, est composé comme suit :
– Un mémoire de synthèse sur mon parcours scientifique, intitulé : « Renouer les fils de l’exil » ; – Un mémoire inédit : « À la recherche du “petit réfugié”. Enfants déplacés durant les Guerres balkaniques et la Grande Guerre, 1912-1920 » ; – Un recueil de travaux.

La soutenance aura lieu dans la *salle B015 René Rémond*, au rez-de-chaussée du bâtiment B – Pierre Grappin de l’Université Paris-Nanterre (200, avenue de la République, 92000 Nanterre). Elle sera suivie d’un pot auquel vous êtes chaleureusement invité·es. Je remercie celles et ceux d’entre vous qui souhaiteraient assister à cette soutenance de m’en informer d’ici le 30 novembre.
Bien cordialement,
Delphine Diaz
Maîtresse de conférences en histoire contemporaine Membre junior de l’Institut universitaire de France Université de Reims Champagne-Ardenne

*Résumé :*

Ce dossier d’habilitation intitulé « Exils, exodes : figures oubliées, Europe, 1820-1920 » se penche sur l’histoire des migrations contraintes à l’époque contemporaine, en éclairant certains de ses acteurs et actrices qui sont longtemps restés dans l’ombre, femmes et enfants en exil.
Le mémoire inédit, « À la recherche du “petit réfugié”. Enfants “déplacés” durant les Guerres balkaniques et la Grande Guerre, 1912-1920 », s’intéresse précisément à cette dernière catégorie. Durant cette période de conflits, les enfants « déplacés » – évacués, internés, réfugiés – sont devenus un enjeu public. Alors que les Guerres balkaniques (1912-1913) avaient jeté sur les routes des enfants et adolescents chassés de leurs foyers, fuyant les exactions des belligérants, la « Grande Guerre » a donné une ampleur encore plus grande au phénomène de l’exode juvénile, Belges et Français dès l’été 1914, puis Serbes à partir de la fin de l’année 1915. À ces mobilités provoquées par l’avancée du front, se sont ajoutés les déplacements de mineurs ayant la nationalité des pays belligérants, obligés de quitter leurs foyers pour être internés dans des « camps de concentration », dont en France certains étaient réservés aux familles.
Si ces enfants « déplacés » nous ont laissé des journaux intimes, des compositions et des dessins sur leur expérience du déracinement, leur place dans ces mouvements de population est aussi connue grâce aux correspondants de presse et aux photographes qui ont saisi leurs conditions de transport et d’hébergement. Quant aux pouvoirs publics, ils ont tardé dans la France de la Grande Guerre à répondre aux enjeux posés par ces migrations juvéniles, davantage pris en charge, en revanche, par le gouvernement belge en exil fixé en Normandie. Pourtant, les exodes successifs, les occupations de territoires, ont contribué à séparer des enfants de leurs proches, les plaçant dans une situation d’isolement parfois durable. Quant aux enfants qui avaient voyagé avec leur famille, leur devenir appelait d’autres motifs de préoccupation, tels que la reprise d’une scolarité interrompue.
L’histoire des enfants « déplacés » en Europe occidentale croise à maintes reprises celle des femmes : plusieurs organisations féministes, en Suisse neutre et en France, se sont engagées de manière décisive au profit des « petits réfugiés », dans un premier temps pour réunir les enfants isolés à leurs « familles dispersées », puis pour organiser le rapatriement des enfants les plus vulnérables depuis les territoires occupés par l’Allemagne vers la France libre. L’entrée des États-Unis dans la guerre a accentué cet intérêt porté par les humanitaires à la figure du « petit réfugié » : à partir de l’été 1917, la Croix-Rouge américaine a déployé à leur intention des politiques sanitaires et éducatives de grande envergure, visant à régénérer cette jeunesse déracinée.
En s’appuyant sur les récits laissés par les enfants déplacés, sur une littérature prompte à faire de ceux-ci des héros romanesques, mais aussi sur d’abondantes sources administratives et associatives conservées tant en Europe occidentale qu’aux États-Unis, ce mémoire inédit se propose d’éclairer l’émergence de la figure de l’enfant réfugié à l’orée du xxe siècle.