[Appel à communications] Colloque Extrême droite et Démocratie après la Deuxième Guerre mondiale
Chères et chers collègues,
Vous trouverez ci-dessous l’appel à communications pour le colloque * »Extrême droite et Démocratie en Europe après la Deuxième Guerre mondiale. Coexistences, Contrastes, Contradictions »*, qui se tiendra le* 20-21 mai 2025* au Campus Condorcet d’Aubervilliers.
Le colloque se déroulera en français et en anglais. Vous trouverez l’appel détaillé ci-dessous, avec possibilité de nous contacter (suzytoson@gmail.com) si vous souhaitez le recevoir en anglais. Les propositions sont à soumettre à l’adresse suivante : nextrightmsca@gmail.com avant le *31 décembre 2024*.
En espérant que cet appel saura intéresser certaines et certains d’entre vous, Meilleures salutations,
Le comité d’organisation (Andrea Martini, Marie-Anne Matard-Bonucci, Elisa Pareo, Jonathan Preda et Suzy Toson)
**************************
*APPEL À COMMUNICATIONS*
*Extrême droite et Démocratie en Europe après la Deuxième Guerre mondiale. **Coexistences, Contrastes, Contradictions*
*20-21 Mai 2025*
*Campus Condorcet, Aubervilliers – Paris*
*Date limite de soumission des propositions : *31 Décembre 2024
*ARGUMENTAIRE*
Ces dernières années, la communauté scientifique s’interroge avec une intensité grandissante sur la vitalité de la démocratie. Ce n’est certes pas une nouveauté si l’on considère l’attention périodique accordée à un modèle politico-culturel très fragile, mais il semble qu’aujourd’hui la tendance à définir la démocratie comme une entité en « crise » soit particulièrement forte. Ce constat serait motivé par l’incapacité de la démocratie elle-même à faire face aux défis politiques, économiques et culturels actuels, d’où un affaiblissement conséquent (Snyder 2018 ; Runciman 2018 ; Levitsky, Ziblatt 2019 ; Applebaum 2020). En parallèle de ces réflexions, de nombreuses études, dans la lignée des travaux parus entre la fin des années 1980 et le début des années 2000 (von Beyme 1988 ; Ignazi 1994 ; Hainsworth 2000 ; Mayer 2002 ; Milza 2002), ont attesté de l’excellente santé des formations d’extrême droite (Hermansson, Lawrence, Mulhall, Murdoch 2020 ; Strobl 2021 ; Pereyra Doval, Souroujon 2021). À travers l’examen des continuités et des discontinuités entre l’extrême droite d’aujourd’hui et celle du passé, ces études ont restitué une analyse plus large qui évite de réduire la catégorie même d’extrême droite à celle de « fascisme » (Camus, Lebourg 2015 ; Lebourg 2019 ; Bresciani 2021, Albanese 2023) et ont observé les contaminations de plus en plus fréquentes entre l’extrême droite et la droite modérée (Haegel 2012). Cependant, reste encore à déterminer si c’est la faiblesse de la démocratie qui renforce les extrêmes droites ou si c’est la présence et la multiplication de ces dernières qui affaiblissent les cultures démocratiques. Pourtant, il ne fait aucun doute qu’il existe une corrélation entre les deux phénomènes, et c’est précisément cette corrélation que ce colloque entend explorer.
Il apparaît urgent de promouvoir une réflexion sur la manière dont les démocraties ont fait face à la présence de formations d’extrême droite, avec leurs pratiques et langages politiques. Se sont-elles opposées à l’extrême droite ou ont-elles préféré d’autres stratégies pour la contenir et/ou coexister avec elle ? Dans un même temps, il nous paraît important de reconstruire le point de vue de l’extrême droite : comment a-t-elle représenté et raconté cette coexistence ? Comment a-t-elle composé avec l’héritage du fascisme ? Comment et jusqu’à quel point s’est-elle acculturée à la démocratie ? On analysera le langage et la culture de l’extrême droite avec une attention particulière aux critiques adressées à la démocratie : à ses modèles culturels de référence (pensons à la critique des valeurs des Lumières) ainsi qu’au supposé « double standard » selon lequel la démocratie ne serait tolérante envers ses opposants que de manière formelle, tout en punissant et marginalisant l’extrême droite sur le plan culturel, social et politique. En effet, il nous semble utile de redonner une profondeur historique à la question de la façon dont l’extrême droite a composé avec la démocratie pour apporter l’éclairage des sciences sociales aux questions qui traversent le débat public aujourd’hui.
Les travaux d’histoire et de sciences politiques de ces dernières décennies sur la relation entre l’extrême droite et la démocratie se concentrent majoritairement sur la période de l’entre-deux-guerres (Millington, Passmore 2015, Millington 2015). Lorsqu’il s’agit d’évoquer la période post-1945, les références deviennent plus vagues (Mazower 1998, Mueller 2011). En général, dans les grands récits consacrés à l’histoire de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale, l’espace consacré aux formations d’extrême droite est presque inexistant (Judt 2005 ; Betts 2020 ; Conway 2020), pour ensuite réapparaître – de manière problématique – lorsqu’il s’agit de traiter l’histoire du Vieux Continent des années 1980 à aujourd’hui. Ainsi, la question de savoir si les démocraties choisissent ou non d’être « militantes », c’est-à-dire de mettre en place des contre-mesures pour contrer et/ou coexister avec l’extrême droite, n’a guère intéressé l’historiographie, à l’exception de l’étude récente de Corduwener (2017). D’autre part, de nombreuses études, dont certaines transnationales ou comparatives, consacrées à l’extrême droite post-1945 (Panvini 2009, Mammone 2015 ; Igounet 2014 ; Picco 2016 ; Tonietto 2019, Macklin 2020 ; Mulhall), offrent un panorama assez complet de cet univers politique, de leurs revues et de leurs relations réciproques. Mais il convient d’approfondir les recherches sur la manière dont l’extrême droite conçoit une stratégie, une rhétorique et éventuellement un contre-récit pour s’affirmer dans un contexte démocratique. Ce colloque international se propose, donc, de relancer ces deux axes d’étude, en les croisant.
La chronologie retenue part de l’après-1945, sans ignorer les éléments de continuité avec la période précédente, avec comme limite le début des années 1990, période marquée par la fin de la guerre froide et la réapparition de formations d’extrême droite dans une grande partie du Vieux Continent. Une attention particulière sera portée à l’Europe, notamment occidentale, sans exclure pour autant les scénarios d’Europe de l’Est, ni les propositions concernant d’autres espaces (États-Unis, Amérique latine, etc.) qui, d’une manière ou d’une autre, ont influencé l’histoire des rapports entre l’extrême droite et la démocratie sur le Vieux Continent au cours du 20e siècle.
Le colloque sera ouvert à différentes perspectives disciplinaires, avec un accent sur l’histoire politique et culturelle, la science politique, les études juridiques et les études philosophiques. Les axes de recherche que les contributions devraient permettre d’aborder sont les suivants :
– le débat politique et juridique qui a caractérisé les différents pays européens sur les moyens de limiter et de s’opposer à l’extrême droite et/ou de coexister avec cette dernière ;
– les pratiques culturelles et politiques mises en œuvre par des associations, des intellectuels et des mouvements politiques pour combattre, contenir et dénoncer les phénomènes liés à l’extrême droite ;
– les pratiques culturelles et politiques de l’extrême droite mises en place pour se confronter à la culture démocratique.
*Soumission des propositions: *Les propositions de communication (400-500 mots) sont à envoyer *avant le 31 décembre 2024* à l’adresse suivante : *nextrightmsca@gmail.com <nextrightmsca@gmail.com>*, *accompagnées d’une courte biographie*. Les communications peuvent être présentées en français ou en anglais. Les candidats doivent s’engager à envoyer une première version de leur communication au discutant respectif pour le 15 mai au plus tard.
Les frais d’hébergement des tous les participants et les repas pendant le colloque seront pris en charge par le comité d’organisation.
*Comité scientifique **:* Marco Bresciani, Florence Haegel, Valerie Igounet, Laurent Joly, Nicolas Lebourg, Graham Macklin, Andrea Martini, Marie-Anne Matard Bonucci, Nonna Mayer et Guido Panvini.
*Organisateurs** :* Andrea Martini, Marie-Anne Matard-Bonucci, Elisa Pareo, Jonathan Preda et Suzy Toson.
Journée d’étude organisée dans le cadre de programme MSCA European Postdoctoral Fellowship, * NEXT RIGHT (New Space for the Extreme RIGHT. An Alternative History of Western Europe in the Early Phase of the Cold War).*
*Bibliographie partielle: *
Albanese, Matteo (2023), *Neofascism in Europe (1945-1989) : a long cultural journey*, New York, Routledge;
Applebaum, Anne (2020), *Twilight of democracy : the seductive lure of authoritarianism, *New York, Doubleday;
Betts, Paul (2020), *Ruin and renewal : civilizing Europe after World War II, * New York, Basic Books;
Bresciani, Marco (2021), *Conservatives and right radicals in interwar Europe*, New York, Routledge;
Camus, Jean-Yves, Lebourg, Nicolas (2015), *Les droites extrêmes en Europe*, Paris, Seuil;
Conway, Martin (2020), *Western Europe’s democratic age, 1945-1968*, Princeton, Princeton University Press;
Corduwener, Pepijn, (2017), *The problem of democracy in postwar Europe : political actors and the formation of the postwar model of democracy in France, West Germany and Italy*, New York, Routledge;
Haegel, Florence (2012), *Les droites en fusion. Transformations de l’UMP*, Paris, Le Presses de Sciences Po;
Hainsworth, Paul (ed.) (2000), *The politics of the extreme right : from the margins to the mainstream*, London – New York, Pinter;
Hermansson Patrik, Lawrence David, Mulhall Joe, Murdoch Simon (eds.) (2020), *The international alt-right : fascism for the 21st century?*, New York, Routledge;
Ignazi, Piero (1994), *L’estrema destra in Europa*, Bologna, il Mulino;
Igounet, Valerie (2014), *Le Front national de 1972 à nos jours : le parti, les hommes, les idées, *Paris, Ed. du Seuil;
Judt, Tony (2005), *Postwar : a history of Europe since 1945*, New York, Penguin Press;
Lebourg, Nicolas (2019), *Les nazis ont-ils surve*́*cu? : enquê*t*e sur les Internationales fascistes et les croisé*s* de la race blanche*, Paris, Éditions du Seuil;
Levitsky, Steven, Ziblatt, Daniel (2019), *How democracies die, *New York, Penguin Random house;
Macklin, Graham (2020), *Failed fürhers: a history of Britain’s extreme right, *New York, Routledge;
Mammone, Andrea (2015), *Transnational neofascism in France and Italy*, Cambridge, Cambridge University Press;
Matard Bonucci, Marie-Anne (dir.) (2000), *La démocratie en Europe occidentale et aux Etats-Unis,* Paris, Atlande;
Mayer, Nonna (2002), *Ces Français qui votent Le Pen, *Paris, Flammarion;
Mazower, Mark (1998), *Dark continent : Europe’s twentieth century*, London, Allen Lane;
Millington, Chris, Jenkins, Brian (2015), *France and fascism: February 1934 and the dynamics of political crisis, *New York, Routledge;
Millington, Chris, Passmore, Kevin (eds.) (2015), *Political Violence and Democracy in Western Europe, 1918-1940, *New York, Palgrave Macmillan;
Milza, Pierre (2002), *L’Europe en chemise noire : les extrê*m*es droites en Europe de 1945 a*̀* aujourd’hui*, Paris, Fayard;
Mulhall, Joe (2021), *British fascism after the Holocaust : from the birth of denial to the Notting Hill riots 1939-1958*, New York, Routledge;
Müller, Jan-Werner (2011), *Contesting democracy : political thought in twentieth-century Europe*, New Haven, Yale University Press;
Panvini, Guido (2009), *Ordine nero, guerriglia rossa. La violenza politica nell’Italia degli anni Sessanta e Settanta (1966-1975)*, Torino, Einaudi;
Pereyra, Gisela Doval, Souroujon Gastón (eds.) (2021), *Global resurgence of the right : conceptual and regional perspectives*, New York, Routledge;
Picco, Pauline (2016), *Liaisons dangereuses : les extrêmes droites en France et en Italie (1960-1984), *Rennes, Presses Universitaires de Rennes;
Runciman, David (2018). *How democracy ends*, New York, Basic Books;
Snyder, Timothy (2018), *ˆThe road to unfreedom: Russia, Europe, America*, London, The Bodley Head;
Strobl Natascha (2021), *Radikalisierter Konservatismus. Eine Analyse**, *Berlin, Suhrkamp Verlag;
Tonietto Nicola (2019), *La genesi del neofascismo in Italia, *Firenze, Le Monnier.
von Beyme, K. (1988), *Right-wing extremism in post-war Europe*, “West European Politics”, 11(2), pp. 1-18.
Vous trouverez ci-dessous l’appel à communications pour le colloque * »Extrême droite et Démocratie en Europe après la Deuxième Guerre mondiale. Coexistences, Contrastes, Contradictions »*, qui se tiendra le* 20-21 mai 2025* au Campus Condorcet d’Aubervilliers.
Le colloque se déroulera en français et en anglais. Vous trouverez l’appel détaillé ci-dessous, avec possibilité de nous contacter (suzytoson@gmail.com) si vous souhaitez le recevoir en anglais. Les propositions sont à soumettre à l’adresse suivante : nextrightmsca@gmail.com avant le *31 décembre 2024*.
En espérant que cet appel saura intéresser certaines et certains d’entre vous, Meilleures salutations,
Le comité d’organisation (Andrea Martini, Marie-Anne Matard-Bonucci, Elisa Pareo, Jonathan Preda et Suzy Toson)
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*APPEL À COMMUNICATIONS*
*Extrême droite et Démocratie en Europe après la Deuxième Guerre mondiale. **Coexistences, Contrastes, Contradictions*
*20-21 Mai 2025*
*Campus Condorcet, Aubervilliers – Paris*
*Date limite de soumission des propositions : *31 Décembre 2024
*ARGUMENTAIRE*
Ces dernières années, la communauté scientifique s’interroge avec une intensité grandissante sur la vitalité de la démocratie. Ce n’est certes pas une nouveauté si l’on considère l’attention périodique accordée à un modèle politico-culturel très fragile, mais il semble qu’aujourd’hui la tendance à définir la démocratie comme une entité en « crise » soit particulièrement forte. Ce constat serait motivé par l’incapacité de la démocratie elle-même à faire face aux défis politiques, économiques et culturels actuels, d’où un affaiblissement conséquent (Snyder 2018 ; Runciman 2018 ; Levitsky, Ziblatt 2019 ; Applebaum 2020). En parallèle de ces réflexions, de nombreuses études, dans la lignée des travaux parus entre la fin des années 1980 et le début des années 2000 (von Beyme 1988 ; Ignazi 1994 ; Hainsworth 2000 ; Mayer 2002 ; Milza 2002), ont attesté de l’excellente santé des formations d’extrême droite (Hermansson, Lawrence, Mulhall, Murdoch 2020 ; Strobl 2021 ; Pereyra Doval, Souroujon 2021). À travers l’examen des continuités et des discontinuités entre l’extrême droite d’aujourd’hui et celle du passé, ces études ont restitué une analyse plus large qui évite de réduire la catégorie même d’extrême droite à celle de « fascisme » (Camus, Lebourg 2015 ; Lebourg 2019 ; Bresciani 2021, Albanese 2023) et ont observé les contaminations de plus en plus fréquentes entre l’extrême droite et la droite modérée (Haegel 2012). Cependant, reste encore à déterminer si c’est la faiblesse de la démocratie qui renforce les extrêmes droites ou si c’est la présence et la multiplication de ces dernières qui affaiblissent les cultures démocratiques. Pourtant, il ne fait aucun doute qu’il existe une corrélation entre les deux phénomènes, et c’est précisément cette corrélation que ce colloque entend explorer.
Il apparaît urgent de promouvoir une réflexion sur la manière dont les démocraties ont fait face à la présence de formations d’extrême droite, avec leurs pratiques et langages politiques. Se sont-elles opposées à l’extrême droite ou ont-elles préféré d’autres stratégies pour la contenir et/ou coexister avec elle ? Dans un même temps, il nous paraît important de reconstruire le point de vue de l’extrême droite : comment a-t-elle représenté et raconté cette coexistence ? Comment a-t-elle composé avec l’héritage du fascisme ? Comment et jusqu’à quel point s’est-elle acculturée à la démocratie ? On analysera le langage et la culture de l’extrême droite avec une attention particulière aux critiques adressées à la démocratie : à ses modèles culturels de référence (pensons à la critique des valeurs des Lumières) ainsi qu’au supposé « double standard » selon lequel la démocratie ne serait tolérante envers ses opposants que de manière formelle, tout en punissant et marginalisant l’extrême droite sur le plan culturel, social et politique. En effet, il nous semble utile de redonner une profondeur historique à la question de la façon dont l’extrême droite a composé avec la démocratie pour apporter l’éclairage des sciences sociales aux questions qui traversent le débat public aujourd’hui.
Les travaux d’histoire et de sciences politiques de ces dernières décennies sur la relation entre l’extrême droite et la démocratie se concentrent majoritairement sur la période de l’entre-deux-guerres (Millington, Passmore 2015, Millington 2015). Lorsqu’il s’agit d’évoquer la période post-1945, les références deviennent plus vagues (Mazower 1998, Mueller 2011). En général, dans les grands récits consacrés à l’histoire de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale, l’espace consacré aux formations d’extrême droite est presque inexistant (Judt 2005 ; Betts 2020 ; Conway 2020), pour ensuite réapparaître – de manière problématique – lorsqu’il s’agit de traiter l’histoire du Vieux Continent des années 1980 à aujourd’hui. Ainsi, la question de savoir si les démocraties choisissent ou non d’être « militantes », c’est-à-dire de mettre en place des contre-mesures pour contrer et/ou coexister avec l’extrême droite, n’a guère intéressé l’historiographie, à l’exception de l’étude récente de Corduwener (2017). D’autre part, de nombreuses études, dont certaines transnationales ou comparatives, consacrées à l’extrême droite post-1945 (Panvini 2009, Mammone 2015 ; Igounet 2014 ; Picco 2016 ; Tonietto 2019, Macklin 2020 ; Mulhall), offrent un panorama assez complet de cet univers politique, de leurs revues et de leurs relations réciproques. Mais il convient d’approfondir les recherches sur la manière dont l’extrême droite conçoit une stratégie, une rhétorique et éventuellement un contre-récit pour s’affirmer dans un contexte démocratique. Ce colloque international se propose, donc, de relancer ces deux axes d’étude, en les croisant.
La chronologie retenue part de l’après-1945, sans ignorer les éléments de continuité avec la période précédente, avec comme limite le début des années 1990, période marquée par la fin de la guerre froide et la réapparition de formations d’extrême droite dans une grande partie du Vieux Continent. Une attention particulière sera portée à l’Europe, notamment occidentale, sans exclure pour autant les scénarios d’Europe de l’Est, ni les propositions concernant d’autres espaces (États-Unis, Amérique latine, etc.) qui, d’une manière ou d’une autre, ont influencé l’histoire des rapports entre l’extrême droite et la démocratie sur le Vieux Continent au cours du 20e siècle.
Le colloque sera ouvert à différentes perspectives disciplinaires, avec un accent sur l’histoire politique et culturelle, la science politique, les études juridiques et les études philosophiques. Les axes de recherche que les contributions devraient permettre d’aborder sont les suivants :
– le débat politique et juridique qui a caractérisé les différents pays européens sur les moyens de limiter et de s’opposer à l’extrême droite et/ou de coexister avec cette dernière ;
– les pratiques culturelles et politiques mises en œuvre par des associations, des intellectuels et des mouvements politiques pour combattre, contenir et dénoncer les phénomènes liés à l’extrême droite ;
– les pratiques culturelles et politiques de l’extrême droite mises en place pour se confronter à la culture démocratique.
*Soumission des propositions: *Les propositions de communication (400-500 mots) sont à envoyer *avant le 31 décembre 2024* à l’adresse suivante : *nextrightmsca@gmail.com <nextrightmsca@gmail.com>*, *accompagnées d’une courte biographie*. Les communications peuvent être présentées en français ou en anglais. Les candidats doivent s’engager à envoyer une première version de leur communication au discutant respectif pour le 15 mai au plus tard.
Les frais d’hébergement des tous les participants et les repas pendant le colloque seront pris en charge par le comité d’organisation.
*Comité scientifique **:* Marco Bresciani, Florence Haegel, Valerie Igounet, Laurent Joly, Nicolas Lebourg, Graham Macklin, Andrea Martini, Marie-Anne Matard Bonucci, Nonna Mayer et Guido Panvini.
*Organisateurs** :* Andrea Martini, Marie-Anne Matard-Bonucci, Elisa Pareo, Jonathan Preda et Suzy Toson.
Journée d’étude organisée dans le cadre de programme MSCA European Postdoctoral Fellowship, * NEXT RIGHT (New Space for the Extreme RIGHT. An Alternative History of Western Europe in the Early Phase of the Cold War).*
*Bibliographie partielle: *
Albanese, Matteo (2023), *Neofascism in Europe (1945-1989) : a long cultural journey*, New York, Routledge;
Applebaum, Anne (2020), *Twilight of democracy : the seductive lure of authoritarianism, *New York, Doubleday;
Betts, Paul (2020), *Ruin and renewal : civilizing Europe after World War II, * New York, Basic Books;
Bresciani, Marco (2021), *Conservatives and right radicals in interwar Europe*, New York, Routledge;
Camus, Jean-Yves, Lebourg, Nicolas (2015), *Les droites extrêmes en Europe*, Paris, Seuil;
Conway, Martin (2020), *Western Europe’s democratic age, 1945-1968*, Princeton, Princeton University Press;
Corduwener, Pepijn, (2017), *The problem of democracy in postwar Europe : political actors and the formation of the postwar model of democracy in France, West Germany and Italy*, New York, Routledge;
Haegel, Florence (2012), *Les droites en fusion. Transformations de l’UMP*, Paris, Le Presses de Sciences Po;
Hainsworth, Paul (ed.) (2000), *The politics of the extreme right : from the margins to the mainstream*, London – New York, Pinter;
Hermansson Patrik, Lawrence David, Mulhall Joe, Murdoch Simon (eds.) (2020), *The international alt-right : fascism for the 21st century?*, New York, Routledge;
Ignazi, Piero (1994), *L’estrema destra in Europa*, Bologna, il Mulino;
Igounet, Valerie (2014), *Le Front national de 1972 à nos jours : le parti, les hommes, les idées, *Paris, Ed. du Seuil;
Judt, Tony (2005), *Postwar : a history of Europe since 1945*, New York, Penguin Press;
Lebourg, Nicolas (2019), *Les nazis ont-ils surve*́*cu? : enquê*t*e sur les Internationales fascistes et les croisé*s* de la race blanche*, Paris, Éditions du Seuil;
Levitsky, Steven, Ziblatt, Daniel (2019), *How democracies die, *New York, Penguin Random house;
Macklin, Graham (2020), *Failed fürhers: a history of Britain’s extreme right, *New York, Routledge;
Mammone, Andrea (2015), *Transnational neofascism in France and Italy*, Cambridge, Cambridge University Press;
Matard Bonucci, Marie-Anne (dir.) (2000), *La démocratie en Europe occidentale et aux Etats-Unis,* Paris, Atlande;
Mayer, Nonna (2002), *Ces Français qui votent Le Pen, *Paris, Flammarion;
Mazower, Mark (1998), *Dark continent : Europe’s twentieth century*, London, Allen Lane;
Millington, Chris, Jenkins, Brian (2015), *France and fascism: February 1934 and the dynamics of political crisis, *New York, Routledge;
Millington, Chris, Passmore, Kevin (eds.) (2015), *Political Violence and Democracy in Western Europe, 1918-1940, *New York, Palgrave Macmillan;
Milza, Pierre (2002), *L’Europe en chemise noire : les extrê*m*es droites en Europe de 1945 a*̀* aujourd’hui*, Paris, Fayard;
Mulhall, Joe (2021), *British fascism after the Holocaust : from the birth of denial to the Notting Hill riots 1939-1958*, New York, Routledge;
Müller, Jan-Werner (2011), *Contesting democracy : political thought in twentieth-century Europe*, New Haven, Yale University Press;
Panvini, Guido (2009), *Ordine nero, guerriglia rossa. La violenza politica nell’Italia degli anni Sessanta e Settanta (1966-1975)*, Torino, Einaudi;
Pereyra, Gisela Doval, Souroujon Gastón (eds.) (2021), *Global resurgence of the right : conceptual and regional perspectives*, New York, Routledge;
Picco, Pauline (2016), *Liaisons dangereuses : les extrêmes droites en France et en Italie (1960-1984), *Rennes, Presses Universitaires de Rennes;
Runciman, David (2018). *How democracy ends*, New York, Basic Books;
Snyder, Timothy (2018), *ˆThe road to unfreedom: Russia, Europe, America*, London, The Bodley Head;
Strobl Natascha (2021), *Radikalisierter Konservatismus. Eine Analyse**, *Berlin, Suhrkamp Verlag;
Tonietto Nicola (2019), *La genesi del neofascismo in Italia, *Firenze, Le Monnier.
von Beyme, K. (1988), *Right-wing extremism in post-war Europe*, “West European Politics”, 11(2), pp. 1-18.

