Appel à contributions – « Univers sonores des contestations (XIXe- XXIe siècles) »

Chères et chers collègues,
Vous trouverez ci-dessous les détails d’un appel à contributions dans le cadre d’une proposition de dossier intitulé « Sound studies et histoire sociale : univers sonores des contestations (XIX e – XXI e siècles) ». Les propositions d’articles (titre, résumé de 2000 signes maximum et courte biographie) sont à envoyer à Marion Henry ( [ mailto:Marion.Henry@univ-paris1 | Marion.Henry@univ-paris1 ] ) et Adrien Quièvre ( [ mailto:adrien.quievre@univ-lille.fr | adrien.quievre@univ-lille.fr ] ) avant le 24 mars 2024 . N’hésitez pas à diffuser l’information auprès de toutes celles et ceux qui seraient susceptibles d’être intéressé·e·s par cet appel.
Bien cordialement, Adrien Quièvre et Marion Henry
Appel à contributions dans le cadre d’un dossier intitulé
« Sound studies et histoire sociale : univers sonores des contestations (XIX e – XXI e siècles) »

Dossier coordonné par

Marion Henry (MCF, Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Adrien Quièvre (ATER, Université de Lille)

Depuis la fin des années 1970, les études sonores ( sound studies ) fleurissent dans de nombreux domaines des sciences humaines et sociales (Sterne, 2012). L’histoire n’est pas restée insensible à ce tournant sonore. Le domaine d’études des sound studies présente en effet de nouveaux enjeux pour la recherche historique, en permettant notamment d’interroger les liens qui unissent les individus à leurs environnements sonores, mais aussi et surtout la capacité des phénomènes sonores (voix, sons, bruits, musiques, silences) à accompagner, renforcer ou symboliser les pratiques et les expériences individuelles ou collectives. En France, des travaux issus de courants historiographiques variés, comme l’histoire politique et l’histoire culturelle – par le bais notamment de l’histoire des sensibilités – ont permis d’ouvrir de nouvelles thématiques de recherche telles que : l’évolution des paysages sonores et des modalités d’écoute ; les rapports d’attachement, d’indifférence ou d’aversion qu’entretiennent les individus à l’égard de leurs environnements sonores ; les usages politiques des phénomènes sonores ; ou encore les enjeux de pouvoir associés aux sons, aux voix ou aux silences ( Revue de la BNF , n° 55 (2017), « Le mur du son » ; Sociétés & Représentations, n°49 (2020), « Sons et cultures sonores »).
Malgré l’abondance et la diversité de ces travaux, les publications de revues francophones consacrées au croisement entre histoire sociale et études sonores sont peu nombreuses. Or, il nous semble que les questionnements, thématiques et approches propres à l’histoire sociale gagneraient elles aussi à dialoguer davantage avec les renouvellements historiographiques et méthodologiques permis par le développement des études sonores.
C’est pourquoi nous souhaitons constituer un numéro thématique consacré aux liens entre sound studies et histoire sociale et plus particulièrement aux univers sonores des contestations survenues en France et ailleurs aux XIX e et XX e siècles. La revue Le Mouvement Social a manifesté son intérêt pour la publication d’un tel dossier.
Il s’agirait dans ce numéro de poursuivre et d’enrichir le champ des recherches menées ces dernières années, en particulier par les médiévistes et les modernistes, sur la dimension sonore, vocale et gestuelle des contestations (Lett et Offenstadt, 2003; Bender et al., 2015; Hermant et Challet, 2019) en ouvrant l’étude à la période contemporaine et à de nouveaux espaces afin de mettre en lumière les phénomènes de rupture ou de continuité dans les usages du son en contexte de lutte.
Thèmes et axes de recherche

Ainsi, plusieurs axes de recherche sont envisageables dans le cadre de ce numéro, parmi lesquels :
– La place et le rôle des phénomènes sonores, vocaux et musicaux dans les pratiques contestataires (grèves, manifestations, occupations de lieux de travail ou de lieux publics)
– Spécificités des voix et des gestes sonores en regard d’autres modes d’expression (le visuel par exemple)
– L’idée des pratiques sonores comme « répertoire d’action » (charivaris, sérénades, détournements de musique ou de slogans, phénomènes de question-réponse dans les manifestations…)
– Usages ou contre-usage des technologies de captation et de diffusion sonore dans les mouvements sociaux (micro, haut-parleurs…)
– Oppositions ou contrastes entre les sonorités du travail et les sonorités de la contestation
– Spécificités et comparaisons de la « vie verbale au travail » (Boutet, 2008) et de la vie verbale en situation contestation (paroles, voix, manières de communiquer et de dire le travail ou le conflit)
– Le silence, les murmures, les rumeurs et autres camouflés sonores comme expressions d’une contestation « dans le dos du pouvoir » (Chantraine et Ruchet, 2008)
– Sonorités, voix et paroles du maintien de l’ordre (sommations, négociations, signaux sonores pour incarner une forme de « pouvoir » face aux contestations)
– Les outils et méthodes de restitution et d’analyse historique des sons en situation de contestation

Outre ces thèmes, l’objectif de ce numéro serait de favoriser un espace de discussion entre chercheurs et chercheuses sur les sources, les questionnements et les méthodes d’enquête et d’écriture d’une histoire sonore des contestations.

Envoi des propositions

Si l’appel s’adresse avant tout aux historiens et historiennes du contemporain, l’ouverture des contributions aux approches d’autres disciplines des sciences humaines et sociales est bienvenue.

Les propositions d’articles (titre, résumé de 2000 signes maximum et courte biographie) sont à envoyer à Marion Henry ( [ mailto:Marion.Henry@univ-paris1 | Marion.Henry@univ-paris1 ] ) et Adrien Quièvre ( [ mailto:adrien.quievre@univ-lille.fr | adrien.quievre@univ-lille.fr ] ) avant le 24 mars 2024 . Une réponse sera donnée courant mai 2024 .