école doctorale: Apprivoiser les chiffres pour s’en emparer. Afrique francophone XVIII-XXIe siècles.

Chers-es collègues, chers-es doctorants-es, un grand merci de diffuser cet appel à candidature pour participer à l’école doctorale organisée à Saint-Louis du Sénégal du 2 au 16 juin 2024 En espérant qu’il retiendra votre attention
Bien cordialement
Béatrice Touchelay, professeure d’histoire contemporaine Univ. Lille, CNRS, UMR 8529-IRHiS-Institut de Recherches Historiques du Septentrion, F-59000 Lille, France chiffrempire.hypotheses.org/CNRS
INSHS-Africa Residential Research School Program Appel à candidature Residential Research School organisée à l’IEA de Saint-Louis du Sénégal 2-16 juin 2024 Apprivoiser les chiffres pour s’en emparer. Afrique francophone XVIII-XXIe siècles. Coordinateurs/trices : Babacar Fall, Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (FASTEF), Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Institut d’études avancées de Saint-Louis du Sénégal (Sénégal), et Béatrice Touchelay, Université de Lille – Institut de Recherches historiques du Septentrion (IRHiS) UMR CNRS 8529 (France) La Residential Research School est financée par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Elle sera organisée en étroite collaboration avec le Centre de recherche et de documentation du Sénégal (CRDS) de l’Université Gaston Berger, l’Institut d’études avancées (IEA) de Saint-Louis du Sénégal, les laboratoires IDHE.S des universités Paris 8-Saint Denis et Paris Nanterre, l’IRHiS de l’université de Lille, l’International Research Network COUNT, Réseau continental – 2023-2027 (« Chiffrer et classer en Afrique francophone, des origines au XXIe siècle) constitué par des chercheur-es des universités de différents pays: Cameroun, Côte-d’Ivoire, Madagascar et Sénégal, et le programme ANR-21-CE41-0012 COCOLE (« Compter en situation coloniale et postcoloniale Afrique francophone XIX-XXe siècle » – 2021-2025). L’école est ouverte à 15 doctorants et doctorantes de sciences humaines et sociales, historiens pour l’essentiel, mais aussi sociologues, géographes, anthropologues, juristes, politistes, etc.… Les candidat-es sélectionné-es résideront pendant deux semaines à Saint-Louis du Sénégal et les ateliers seront organisés à l’IEA. Cette résidence vise à la fois à présenter des travaux classiques et récents sur les chiffres et leurs usages, en particulier les approches critiques de la quantification, à approfondir et renouveler les questionnements sur les chiffres, à impulser de nouvelles collaborations et provoquer des discussions entre les chercheurs, praticien-nes et étudiant-es afin d’encourager la formation d’une école doctorale hors les murs consacrée aux chiffres en Afrique francophone. Les doctorants-es sélectionnés-es seront encadré-es, en présentiel ou à distance, par plusieurs enseignant-es, chercheur-es, praticien-nes du chiffre, comptables et statisticien-nes pour réfléchir ensemble au rôle et à la place des chiffres dans les sociétés d’Afrique francophone depuis le XVIIIe siècle. Les chiffres : un thème aussi répandu que méconnu Chiffrer c’est d’abord concevoir puis dénombrer et classer. Les chiffres constituent un langage. Ils relient des éléments disparates, font que les choses se tiennent comme l’écrit Alain Desrosières, et permettent l’échange. En dénombrant et en classant, ils intègrent ou excluent (« ce qui est compté compte, ce qui ne l’est pas est marginalisé »). Ils hiérarchisent. Les chiffres peuvent être au service du pouvoir. Ce sont des conventions dont l’utilisation suppose un accord minimal sur leur représentativité. Leurs formes sont variées, qu’il s’agisse de statistiques produites et diffusées par des institutions publiques ou privées ou bien des chiffres comptables normalisés. L’emprise de ces chiffres sur leurs contemporains, comme celle des catégories et des classifications qu’ils introduisent, doit être précisée pour comprendre pourquoi et comment ils l’emportent de plus en plus souvent sur les mots pour étayer les arguments des discours. Construits, utilisés, diffusés par les autorités coloniales, les institutions internationales et les États indépendants, il est nécessaire d’explorer la façon dont ces chiffres sont fabriqués et de pointer leurs limites et leurs biais. Revenir sur les conditions de leur production et leurs usages éclaire la relation coloniale puis postcoloniale, les hiérarchies et les chaines de pouvoir mises en évidence par la collecte des données, les intentions des commanditaires et le rôle des intermédiaires (gendarmes, instituteurs, interprètes, etc.), les grains de sable qui freinent et faussent les résultats des enquêtes, et plus largement les sociétés qu’ils sont censés représenter. Objectifs de l’école doctorale L’Africa Residential Research School entend former de jeunes chercheurs des universités africaines à une approche critique des chiffres, pour les inciter à se les approprier et à en faire des outils d’analyse. Les spécificités des rapports aux chiffres et de leurs usages en Afrique, l’emprise éventuelle du passé colonial seront également abordées. En un mot L’Africa Residential Research School vise à changer de regard sur ces conventions. Convaincus que les chiffres sont nécessaires à la recherche en sciences humaines et sociales, les organisateur-es du projet proposeront plusieurs ateliers permettant de les « déconstruire ». Des conférenciers, des travaux universitaires et des archives seront mobilisés pour aider les jeunes chercheurs à surmonter leurs réticences à l’encontre des chiffres et leur donner les moyens de comprendre ces outils. Les ressources utilisées et les synthèses des travaux réalisés au cours de ces deux semaines seront ensuite mis à disposition sur le carnet de recherche (chiffrempire.hypotheses.org <chiffrempire.hypotheses.org/>). Organisation Après une journée d’échanges sur les différents sujets de recherche et les rapports aux chiffres des participant-es, les deux semaines seront organisées sous la forme d’ateliers thématiques animés par des chercheur-es spécialistes de l’histoire de la quantification, du monde colonial et post-colonial, de l’Afrique francophone, par des archivistes et par des praticiens et praticiennes du chiffres. Plusieurs séances de travail seront consacrées à l’analyse collective de documents d’archives, tableaux, graphiques, notes, directives sur l’organisation des enquêtes et des recensements, ou bien bilans d’entreprises, comptes rendus d’assemblées générales d’actionnaires, etc. Le rappel de quelques règles de calcul, de présentation et d’interprétation des chiffres s’accompagnera d’une approche systématique des acteurs des enquêtes (enquêteurs, enquêtés, administrateurs, interprètes, instituteurs et chefs de village, etc.) et d’une réflexion sur la diffusion des chiffres pour en percevoir les enjeux et les limites. D’autres ateliers s’attacheront à présenter et discuter des travaux universitaires (articles et ouvrages, mémoires de masters…) qui utilisent les chiffres, en vue d’élaborer une première bibliographie collaborative mise en ligne sur le carnet de recherche (chiffrempire.hypotheses.org/ <chiffrempire.hypotheses.org/>). Les doctorant-es seront mobilisé-es pour préparer les ateliers et pour en rendre compte sur ce carnet. Pour candidater Les candidat-es inscrit-es en doctorat dans une université ou un laboratoire de recherche qui résident sur le continent africain seront prioritaires, mais nous examinerons également les candidatures d’étudiants de master2 et des jeunes docteurs, ainsi que celles des candidats de toute provenance ayant des financements propres.
Langue de travail : français
Pour déposer votre candidature veuillez envoyer par mail les documents attendus (ci-dessous) en précisant en objet « Residential Research School » aux deux adresses électroniques suivantes : fallkadiar@gmail.com et beatrice.touchelay@univ-lille.fr Le dossier contient obligatoirement :
– Une lettre de motivation (1 page maximum)
– Un CV de 2 pages maximum
– Une présentation du projet de thèse (2 pages maximum) – Un justificatif de l’inscription en thèse, ou en M2 ou un PV de soutenance de la thèse
Les étudiants intéressés sont appelés à déposer leur candidature avant le 25 février 2024 minuit (délai de rigueur). Les résultats de la sélection seront transmis le 8 mars 2024. Seront pris en charge : les frais de séjour (hébergement et repas – frais de visa exclus) et de transport de Dakar jusqu’à Saint-Louis du Sénégal. Le projet pourra prendre en charge un nombre limité de billets d’avion aller-retour jusqu’à Dakar sur demande motivée. Les allocations seront faites en fonction de l’évaluation des besoins et de la pertinence de la candidature et jusqu’à épuisement du budget. Les bénéficiaires de bourses doctorales seront incités à se tourner vers leur institution pour demander un financement.